Les 3 jours qui viennent sont des jours de transition et de repos à Punta Arenas, grande ville avant le passage en argentine. Rien de spécial donc ce jour, trajet loupé à 15h, je prendrai donc le prochain à 18h, arrivé à 20h30. Cela laisse moins de choix pour la nuit, je prends au plus court, « backpackers paradise », juste à la sortie du bus.
Assez
sale, beaucoup de bikers qui font les routes mythiques du chili (carretera
australe) et de l’argentine (route 40), pas un super feeling. Je ne sais pas
encore combien de temps je resterai à PA, cela dépendra des activités possibles
et surtout des sorties que pourraient éventuellement me proposer des agences de
voyages pour rejoindre un groupe comme je l’avais fait à Madagascar. Pendant le
diner au backpakers, je vois une affiche de la « patagonian expedition race »,
qui vient de se terminer. Je demande plus d’explication au gérant. C’est donc
une course de 7 jours, d’environ 700km, petit raid multisport en somme! 15 équipes
partantes, 3 arrivées! Ni une ni deux, recherche sur le net. Il y a un
facebook? Message sur le mur, disant que je recherche des activités multisport
un peu original dans le secteur, j’ajoute que j’ai fait le trek au Torres en
22h (record 17h mais sans pause!), histoire de capter l’attention, quelqu’un me
répond dans la demi heure! C’est une réponse automatique ou quoi? "Passé
demain au bureau !"
Je crois
rêver, j’imagine déjà qu’il va pouvoir me donner des contacts de bon guide vtt
ou kayak... au lit, la suite demain.
Lundi 11 : Punta Arenas toujours.
Je me
lève donc avec beaucoup d’espoir pour cette rencontre. J’arrive au bureau vers
10h, je sonne, la personne n'a pas l'air au courant, puis Pete sort de son
bureau, « hey, Ronan, come in ».
Je lui
explique donc qu’il me reste une grosse semaine en Patagonie, sans réel
programme et que je recherche à découvrir le coin en dehors des circuits un peu
trop touristique et en faisant du sport! En fait, Il n'a rien à me proposer de
particulier, mais me conseille 2 treks, un pas loin et l'autre en face
d'Ushuaia à partir de Puerto William mais pour lequel la question du transport
est compliquée, j'arriverai à trouver le parcours dans un guide d'un autre voyageur du backpakers !
Pendant 2
jours, entre une visite de l'ile aux pingouins avec les allemandes que je viens
de retrouver en ville et une visite de la pointe sud du continent américain, j’essaye
donc de programmer la suite sur les propositions de Pete : pour Puerto Wiliams,
avion : 130e l’aller, mais rien avant 4 jours, le bateau, 150e mais 30 heures (et
surtout, encore une croisière!), reste le bus jusqu'à Ushuaia et traverser sur
place le canal Beagle mais les prix sont exorbitant car les argentins ne
veulent pas perdre leurs clientèles mais les chiliens ne veulent pas non plus
voir arriver trop de touristes. Je ne pourrai me faire confirmer les prix que
sur place. L'idée de ce trek s'éloigne petit à petit, d’autant que je ne sais
pas quelle météo il fera pour ces jours la et que ce trek est sans balisage et
peu de chemin, d'où son caractère un peu mythique.
En parallèle,
je lis par contre beaucoup de commentaires négatifs sur le net sur Ushuaia, car
trop chers, trop touristiques...
Mais vers
Ushuaia, les bus ne sont pas quotidiens, je me décide donc à quitter PA, le
mercredi après 3 jours sur place, ce qui me semble suffisant puisque j’ai vu
les choses les plus intéressantes. Je voulais quand même faire ce trajet en
bus, qui traverse toute la terre de feu, cela permet de changer du format
"croisière".
Dans l’après midi, au détour d’une course,
je retrouve par hasard Mirja et Alina, qui sont arrivé un peu avant moi dans la
ville. Bien que je n’étais pas très chaud pour me rendre sur l’île, réserve
naturelle, où se retrouvent tous les ans des milliers de pingouins, je me
décide à les accompagner, toujours plus sympa avec d’autres personnes que seul.
Après 2 heures de bateau bien sympathique en fin d’après midi, nous arrivons
sur l’île sur laquelle nous aurons 1 heure pour nous promener sur les chemins
aménagés jusqu’au far de l’île.
Je ne regrette pas, car c’est vrai qu’ils sont
quand même bien marrant à voir de prêt ces petites bêtes, surtout à quelques
centimètres. Les voir marcher péniblement sur les gros galets, en file
indienne, ca aurait été dommage de louper ça, qui plus est à la tomber de la
nuit. Cette balade rattrape donc le faux espoir du matin !
Mardi 12 :
PA - PA
Le lendemain,
à défaut de faire le trek proposé par Pete, qui traversait quand même des rio
avec de l’eau jusqu'à la taille, je m’arrête à la visite de Fuerte Bulnes. La
visite se fera donc avec un chauffeur et 3 autres personnes, presque un tour
privé.
Le premier arrêt est en fait le point géographique central du Chili, aussi fou que cela puisse paraître, le pôle sud est donc encore très loin, aussi loin que le nord du Chili !
Le deuxième site visité est le lieu de la première tentative de colonisation par les espagnols vers 1550, 250 espagnols construisent une ville au niveau du cap, mais entre maladies, problèmes d’alimentation, aucuns ne survivra. La réelle colonisation suivante, aura lieu en 1843, lieu investi par les chiliens pour contrôler le détroit de Magellan et donc choisi pour y construire un fort conservé jusqu'à aujourd'hui : Fuerte Bulnes.
Le premier arrêt est en fait le point géographique central du Chili, aussi fou que cela puisse paraître, le pôle sud est donc encore très loin, aussi loin que le nord du Chili !
Le deuxième site visité est le lieu de la première tentative de colonisation par les espagnols vers 1550, 250 espagnols construisent une ville au niveau du cap, mais entre maladies, problèmes d’alimentation, aucuns ne survivra. La réelle colonisation suivante, aura lieu en 1843, lieu investi par les chiliens pour contrôler le détroit de Magellan et donc choisi pour y construire un fort conservé jusqu'à aujourd'hui : Fuerte Bulnes.
L'occasion
pour en apprendre plus sur la formation de ce canal, la partie sud ouest est en
réalité la liaison entre 2 plaques tectoniques, et la partie nord est un ancien
glacier, disparu, remplacé par un lac, puis "ouverture" du lac et
ainsi, connexion avec l’Atlantique. Point de passage obligé et surtout à l’abri
pour les bateaux allant du pacifique sud à l’Atlantique Sud. Traffic
relativement important.
Mise à
part que le fort permet de voir les techniques de construction de l'époque, il
n’est pas d'un grand intérêt, la vue sur le canal est belle, par beau temps uniquement.
Cela
m'amène à une réflexion générale : peu d’information textuelle sur site, peu de
carte précise ou vraiment mauvaise, mais cependant très bon accueil. Est-ce une
volonté de vouloir conserver la transmission orale, de manière culturelle ou
pour que les touristes fassent appel aux guides locaux, ou juste une tendance
que l'on peut observer ?
Idem pour
les restrictions affichées de ne pas sortir des sentiers battus : effectivement
pas téméraires ou choix délibéré pour préserver les zones sauvages?
(Cependant,
compréhensible vu les conditions climatiques changeantes et extrêmes en hiver,
d'où les transferts de bus en convoie de différentes)
Mercredi
13 :
8h30 c’est
le grand jour, départ du bus pour le passage du Chili à l’Argentine pour la
première fois, via la traversée du canal de Magellan, dans sa partie Nord, et la
traversée de la terre de Feu, (nom donné par les premiers explorateurs, voyant
les fumées s’élevant au loin dans le ciel, provenant des feux des habitants, ils
l’ont donc appelé terre de la fumée, mais en rentrant en Espagne, le nom n’était
sans doute pas assez marketing, alors ils ont préféré, terre de feu !).
Et qui je
retrouve ? Encore des amis du bateau, cette fois un jeune couple de
Californien avec qui j’avais également bien sympathisé, puisque le jeune homme
était très sportif et coureur à pied sur de longue distance. Nous voilà donc
parti pour 12 de bus à travers les grandes étendus de la patagonie argentine (quelque peu caillouteux à la vue de l'équipement du bus!).
Je ne regrète pas d’avoir plutôt choisi le côté chilien car les paysages
sont certes à perte de vue (ci-dessous), mais un peu trop plats et monotones à mon goût,
heureusement que j’ai ma tablette pour écrire un peu ! et un bouquin à
lire.
Passage du
poste frontière (au loin ci dessus) presque sans problème puisque je viens sans le papier délivré à
l’entrée dans le pays, mais que je retrouve bien sûr dans mon sac, un garçon
bien organisé comme moi retrouve toujours ses papiers !
La fin du
parcours, à la tombée de la nuit, est en revanche magnifique et prometteuse
pour les prochains jours autour d’Ushuaïa.
Nous
arrivons comme prévu à 20h30, le bus nous dépose prêt du port, en centre ville.
L’histoire recommence, trouver un endroit pour dormir sans plomber le budget,
exercice de plus en plus difficile, plus on va vers le sud, en résumé, je ne
peux pas trouver plus cher ! Lors de mes recherches, j’avais identifié un
camping à 2 ou 3 km du centre, et en bon sportif, je décide de prendre un taxi,
après 12 heures assis, marcher risquerait de me fatiguer ! 45 $ argentin
la nuit, douche, calme, internet, refuge, bar, et du bon côté de la ville pour
partir vers le parc national, cela sera mon repère pour la semaine qui va
suivre.
Jeudi 14 :
Ushuaia – U.
En cette
première matinée à Ushuaia, je n’ai pas encore totalement écarté mon plan trek
sur l’île en face d’Ushuaia, je consacre donc ma matinée à visiter plusieurs
agences de voyage pour comparer les propositions d’exercions, voici en fin de
matinée ce qui s’offre à mon choix :
journée
VTT avec un guide perso hors de sentier battu : 75€,
journée
kayak dans une baie du parc national, en groupe de 2 à 3 personnes : 110€,
journée
bateau pour visite d’une estancia traditionnelle argentine : 70€,
journée
de marche sur un glacier avec un guide, 75€,
accès en
bus et entrée dans le parc national : 30€,
traversée
AR pour l’île chilienne pour le trek de 5 jours : 150€ (30min de traversée !),
vol en
hélicoptère autour d’Ushuaia entre 30 min et 2 heures : entre 100 et 350€,
je ne
parle pas des musées, je les garde pour les derniers jours pour me reposer et
enfin comprendre l’histoire de cette ville dont l’urbanisme montre qu’elle a
grandi très rapidement, sans anticipation.
Il y a
donc beaucoup de choix, mais pour un certain budget, je finis ma matinée par
des courses pour 3 à 4 jours, puis une petite rando dans l’après midi me mettra
les idées en places.
Je décide
donc d’aller voir le glacier Martial qui est juste derrière le camping, il doit
y avoir 1000 mètres de dénivelé, je reprends mon sac et mes bâtons à 17h30,
toujours avec pour idée, le coucher du soleil sur le canal Beagle. Petit
déception en arrivant : la glacier est visiblement parti en congés, niet,
walou, que dalle, bezef… pas un brin de glacier, mais ce n’est pas grave, la
vue est quand même sympa, j’ai pu réfléchir à mon programme pour la petite
semaine qu’il me reste, à suivre dans le dernier épisode.