jeudi 11 avril 2013

Suite, le citadin, Punta Arenas et Ushuaia


Dimanche 10 : Puerto Natales
Les 3 jours qui viennent sont des jours de transition et de repos à Punta Arenas, grande ville avant le passage en argentine. Rien de spécial donc ce jour, trajet loupé à 15h, je prendrai donc le prochain à 18h, arrivé à 20h30. Cela laisse moins de choix pour la nuit, je prends au plus court, « backpackers paradise », juste à la sortie du bus.
Assez sale, beaucoup de bikers qui font les routes mythiques du chili (carretera australe) et de l’argentine (route 40), pas un super feeling. Je ne sais pas encore combien de temps je resterai à PA, cela dépendra des activités possibles et surtout des sorties que pourraient éventuellement me proposer des agences de voyages pour rejoindre un groupe comme je l’avais fait à Madagascar. Pendant le diner au backpakers, je vois une affiche de la « patagonian expedition race », qui vient de se terminer. Je demande plus d’explication au gérant. C’est donc une course de 7 jours, d’environ 700km, petit raid multisport en somme! 15 équipes partantes, 3 arrivées! Ni une ni deux, recherche sur le net. Il y a un facebook? Message sur le mur, disant que je recherche des activités multisport un peu original dans le secteur, j’ajoute que j’ai fait le trek au Torres en 22h (record 17h mais sans pause!), histoire de capter l’attention, quelqu’un me répond dans la demi heure! C’est une réponse automatique ou quoi? "Passé demain au bureau !"
Je crois rêver, j’imagine déjà qu’il va pouvoir me donner des contacts de bon guide vtt ou kayak... au lit, la suite demain.


Lundi 11 : Punta Arenas toujours.
Je me lève donc avec beaucoup d’espoir pour cette rencontre. J’arrive au bureau vers 10h, je sonne, la personne n'a pas l'air au courant, puis Pete sort de son bureau, « hey, Ronan, come in ».
Je lui explique donc qu’il me reste une grosse semaine en Patagonie, sans réel programme et que je recherche à découvrir le coin en dehors des circuits un peu trop touristique et en faisant du sport! En fait, Il n'a rien à me proposer de particulier, mais me conseille 2 treks, un pas loin et l'autre en face d'Ushuaia à partir de Puerto William mais pour lequel la question du transport est compliquée, j'arriverai à trouver le parcours dans un guide d'un autre voyageur du backpakers !


Pendant 2 jours, entre une visite de l'ile aux pingouins avec les allemandes que je viens de retrouver en ville et une visite de la pointe sud du continent américain, j’essaye donc de programmer la suite sur les propositions de Pete : pour Puerto Wiliams, avion : 130e l’aller, mais rien avant 4 jours, le bateau, 150e mais 30 heures (et surtout, encore une croisière!), reste le bus jusqu'à Ushuaia et traverser sur place le canal Beagle mais les prix sont exorbitant car les argentins ne veulent pas perdre leurs clientèles mais les chiliens ne veulent pas non plus voir arriver trop de touristes. Je ne pourrai me faire confirmer les prix que sur place. L'idée de ce trek s'éloigne petit à petit, d’autant que je ne sais pas quelle météo il fera pour ces jours la et que ce trek est sans balisage et peu de chemin, d'où son caractère un peu mythique.
En parallèle, je lis par contre beaucoup de commentaires négatifs sur le net sur Ushuaia, car trop chers, trop touristiques...
Mais vers Ushuaia, les bus ne sont pas quotidiens, je me décide donc à quitter PA, le mercredi après 3 jours sur place, ce qui me semble suffisant puisque j’ai vu les choses les plus intéressantes. Je voulais quand même faire ce trajet en bus, qui traverse toute la terre de feu, cela permet de changer du format "croisière".




Dans l’après midi, au détour d’une course, je retrouve par hasard Mirja et Alina, qui sont arrivé un peu avant moi dans la ville. Bien que je n’étais pas très chaud pour me rendre sur l’île, réserve naturelle, où se retrouvent tous les ans des milliers de pingouins, je me décide à les accompagner, toujours plus sympa avec d’autres personnes que seul. Après 2 heures de bateau bien sympathique en fin d’après midi, nous arrivons sur l’île sur laquelle nous aurons 1 heure pour nous promener sur les chemins aménagés jusqu’au far de l’île.








Je ne regrette pas, car c’est vrai qu’ils sont quand même bien marrant à voir de prêt ces petites bêtes, surtout à quelques centimètres. Les voir marcher péniblement sur les gros galets, en file indienne, ca aurait été dommage de louper ça, qui plus est à la tomber de la nuit. Cette balade rattrape donc le faux espoir du matin !

Mardi 12 : PA - PA
Le lendemain, à défaut de faire le trek proposé par Pete, qui traversait quand même des rio avec de l’eau jusqu'à la taille, je m’arrête à la visite de Fuerte Bulnes. La visite se fera donc avec un chauffeur et 3 autres personnes, presque un tour privé.



Le premier arrêt est en fait le point géographique central du Chili, aussi fou que cela puisse paraître, le pôle sud est donc encore très loin, aussi loin que le nord du Chili !

Le deuxième site visité est le lieu de la première tentative de colonisation par les espagnols vers 1550, 250 espagnols construisent une ville au niveau du cap, mais entre maladies, problèmes d’alimentation, aucuns ne survivra. La réelle colonisation suivante, aura lieu en 1843, lieu investi par les chiliens pour contrôler le détroit de Magellan et donc choisi pour y construire un fort conservé jusqu'à aujourd'hui : Fuerte Bulnes.
L'occasion pour en apprendre plus sur la formation de ce canal, la partie sud ouest est en réalité la liaison entre 2 plaques tectoniques, et la partie nord est un ancien glacier, disparu, remplacé par un lac, puis "ouverture" du lac et ainsi, connexion avec l’Atlantique. Point de passage obligé et surtout à l’abri pour les bateaux allant du pacifique sud à l’Atlantique Sud. Traffic relativement important.
Mise à part que le fort permet de voir les techniques de construction de l'époque, il n’est pas d'un grand intérêt, la vue sur le canal est belle, par beau temps uniquement. 




Retour vers 14h, encore une belle preuve de la qualité de l’accueil, les explications étaient très intéressantes tout au long de la visite, et finalement, sans guide, elle aurait perdu tout son intérêt.
Cela m'amène à une réflexion générale : peu d’information textuelle sur site, peu de carte précise ou vraiment mauvaise, mais cependant très bon accueil. Est-ce une volonté de vouloir conserver la transmission orale, de manière culturelle ou pour que les touristes fassent appel aux guides locaux, ou juste une tendance que l'on peut observer ?
Idem pour les restrictions affichées de ne pas sortir des sentiers battus : effectivement pas téméraires ou choix délibéré pour préserver les zones sauvages?
(Cependant, compréhensible vu les conditions climatiques changeantes et extrêmes en hiver, d'où les transferts de bus en convoie de différentes)



Mercredi 13 :
8h30 c’est le grand jour, départ du bus pour le passage du Chili à l’Argentine pour la première fois, via la traversée du canal de Magellan, dans sa partie Nord, et la traversée de la terre de Feu, (nom donné par les premiers explorateurs, voyant les fumées s’élevant au loin dans le ciel, provenant des feux des habitants, ils l’ont donc appelé terre de la fumée, mais en rentrant en Espagne, le nom n’était sans doute pas assez marketing, alors ils ont préféré, terre de feu !).

Et qui je retrouve ? Encore des amis du bateau, cette fois un jeune couple de Californien avec qui j’avais également bien sympathisé, puisque le jeune homme était très sportif et coureur à pied sur de longue distance. Nous voilà donc parti pour 12 de bus à travers les grandes étendus de la patagonie argentine (quelque peu caillouteux à la vue de l'équipement du bus!). 


Je ne regrète pas d’avoir plutôt choisi le côté chilien car les paysages sont certes à perte de vue (ci-dessous), mais un peu trop plats et monotones à mon goût, heureusement que j’ai ma tablette  pour écrire un peu ! et un bouquin à lire.



Passage du poste frontière (au loin ci dessus) presque sans problème puisque je viens sans le papier délivré à l’entrée dans le pays, mais que je retrouve bien sûr dans mon sac, un garçon bien organisé comme moi retrouve toujours ses papiers !
La fin du parcours, à la tombée de la nuit, est en revanche magnifique et prometteuse pour les prochains jours autour d’Ushuaïa.
Nous arrivons comme prévu à 20h30, le bus nous dépose prêt du port, en centre ville. L’histoire recommence, trouver un endroit pour dormir sans plomber le budget, exercice de plus en plus difficile, plus on va vers le sud, en résumé, je ne peux pas trouver plus cher ! Lors de mes recherches, j’avais identifié un camping à 2 ou 3 km du centre, et en bon sportif, je décide de prendre un taxi, après 12 heures assis, marcher risquerait de me fatiguer ! 45 $ argentin la nuit, douche, calme, internet, refuge, bar, et du bon côté de la ville pour partir vers le parc national, cela sera mon repère pour la semaine qui va suivre.


Jeudi 14 : Ushuaia – U.
En cette première matinée à Ushuaia, je n’ai pas encore totalement écarté mon plan trek sur l’île en face d’Ushuaia, je consacre donc ma matinée à visiter plusieurs agences de voyage pour comparer les propositions d’exercions, voici en fin de matinée ce qui s’offre à mon choix :
journée VTT avec un guide perso hors de sentier battu : 75€,
journée kayak dans une baie du parc national, en groupe de 2 à 3 personnes : 110€,
journée bateau pour visite d’une estancia traditionnelle argentine : 70€,
journée de marche sur un glacier avec un guide, 75€,
accès en bus et entrée dans le parc national : 30€,
traversée AR pour l’île chilienne pour le trek de 5 jours : 150€ (30min de traversée !),
vol en hélicoptère autour d’Ushuaia entre 30 min et 2 heures : entre 100 et 350€,
je ne parle pas des musées, je les garde pour les derniers jours pour me reposer et enfin comprendre l’histoire de cette ville dont l’urbanisme montre qu’elle a grandi très rapidement, sans anticipation.




Il y a donc beaucoup de choix, mais pour un certain budget, je finis ma matinée par des courses pour 3 à 4 jours, puis une petite rando dans l’après midi me mettra les idées en places.
Je décide donc d’aller voir le glacier Martial qui est juste derrière le camping, il doit y avoir 1000 mètres de dénivelé, je reprends mon sac et mes bâtons à 17h30, toujours avec pour idée, le coucher du soleil sur le canal Beagle. Petit déception en arrivant : la glacier est visiblement parti en congés, niet, walou, que dalle, bezef… pas un brin de glacier, mais ce n’est pas grave, la vue est quand même sympa, j’ai pu réfléchir à mon programme pour la petite semaine qu’il me reste, à suivre dans le dernier épisode.