4 jours
de « croisière »
Départ
prévu à 14h, mais checking in jusqu'à 11h, cela laisse le temps de visiter le
port de PM et le marché où je profite pour acheter d'énorme moules, mais
malheureusement rien ne vaut les moules de bouchots, je ne les finirai pas! Beaucoup
d'autres produits qui font envie, cependant après les propos du scientifique
allemand, cela ne me parait plus très naturel tout ca!
Retour à l'embarquement,
histoire de repérer la population et faire des statistiques : beaucoup de français
20%, beaucoup d’anglo-saxon (anglais, australien, américain) 50%, beaucoup d’allemand
également 20%, et donc très peu de chilien, je vais donc faire un break en
langue espagnol pour du 70% anglais et 30% français, j’essayerai effectivement
dans un premier temps de ne pas aller vers les groupes de français. Sur les
bancs d'attente dans le hall, je me fais un premier contact avec 2 allemandes,
Mirja et Alena.
Le bateau ne part qu'à 16h, peut-être à cause des marées, nous
avons donc un moment pour nous installer et prendre nos marques bien que le
bateau ne soit pas très vaste (pas un bateau de croisière mais un bateau qui
faisait auparavant la traversée entre les Pays Bas et l’Angleterre).
2eme
occasion pour nouer un contact évident : mes voisins de dortoir, Richard et Andrew,
2 anglais pour 4 mois en Amérique du sud. Je réalise de plus en plus que beaucoup
de personnes choisissent l’Amérique du sud pour un break : de grands paysages,
une culture proche des pays d’Europe, une facilité de logement pour backpakers,
une population très accueillante. Le contact avec ces anglais est assez
distant dans un premier temps, ce que je préfère, j'ai déjà eu l’expérience
dans des auberges de jeunesse d’une personne qui te suit partout pendant
plusieurs jours, je voudrais donc éviter cela ici !


Un petit
résumé donc d'une journée à bord: levé vers 8h00 ou un peu avant si on espère
pouvoir prendre des photos du levé du soleil, petit déjeuner entre 8 et 9h,
(classique mais quand même fromage, jambon et œuf brouillé, on sent qu'ils
connaissent le public ! Ensuite temps libre, pour ma part, cela sera 1h30
de lecture en plein soleil sur le pont du bateau avant que le soleil ne tape
trop fort, livre de circonstance, l’esprit d’aventure (merci Karim), encore que
la c'est plutôt le confort que la grande aventure. Séance lecture suivi de 30
min de PPG (préparation physique générale), pour ceux qui ne connaissent pas,
en résumé, renforcement musculaire, séance que l'on peut faire en stage de
triathlon, quand il fait vraiment trop moche dehors. Une douche et au casse
croute. Il y a un peu de marge mais ce n'est pas non plus le resto, pas de
choix, le menu est imposé et servi entre 12h30 et 13h30.

Ensuite, à peine le
temps de faire une sieste, rédaction de ce que vous êtes en train de lire ou
rédaction des cartes postales, mais aussi conférence sur la faune de la Patagonie,
ou du parc de Torres del paine dans lequel nous allons bientôt tous nous
retrouver. Attraction phare, proche du port de débarquement, nous avons donc
tous le même guide de tourisme?

Ceci nous amène donc vers la fin de l'après
midi, l'heure de l'apéro pour discuter avec les passagers, les aventures
passées et avenir, en anglais, puis en francais quand je sature et que je cède
à la facilité. Notamment, un contact très sympa avec une famille française avec
leur 2 enfants de 3ans, Sam et Chiara de 5ans, qui font le tour du monde après avoir
vendu leur appartement à Paris, acheté une petite maison à 2h de paris, et mis le
reste de l'argent de côté pour ce voyage de 10 mois. J'espère pouvoir les
revoir à leur retour. Mirja et Alena, dont je n'avais pas pris les coordonnées
à la sortie du bateau, mais que j'ai recroisé sur le parc après 4 jours ! Le
contact est également toujours resté assez distant, mais je ne voulais pas être
le pot de colle décrit précédemment et avoir finalement aussi envie d'être seul
pour lire et écrire. D'autre contact sympa, d'autant que j'aurai l'occasion de
les recroiser sur le sentier de randonnée du Torres del Paine, mais je n'aurai
pas pris le contact de toutes ces personnes, car je sais par expérience qu'il
sera difficile de garder le contact après plusieurs années, sauf rencontre dans
nos pays d'origine. Il est vrai qu’il n'est pas non plus facile, à cause du
manque d'aisance en anglais (je parle pour moi) pour les discutions plus
abouties ou même lorsqu'en soirée les jeunes anglo-saxons font moins d'effort
dans leur échange pour que l’on puissent les suivre.

Enfin,
ces échanges se font bien entendus aussi pendant les repas, le diner est donc
survie vers 20h, suivi de soirées organisées : karaoké, film, et pour finir
bingo pour laquelle mes 2 jeunes allemandes sont toutes excitées, c'est peut
être plutôt la soirée dance qui s'en suivait pour le dernier soir, mais
malheureusement, pas avec une musique à notre goût.
Voici
donc comment se passe la vie sur le bateau, nous avons en plus de tout cela la
chance d'avoir un temps magnifique pendant les 4 jours, nous pouvons donc
sortir à tout moment pour apprécier les paysages sauvages que nous traversons,
notamment un glacier que nous approchons de très prêt, avec de belles couleurs
bleutées.
Le seul
village étape, Puerto Eden où je ne descendrais par car ils annoncent seulement
45min sur place.
Observer
aussi les animaux, loups de mer, baleine de très loins, beaucoup d'oiseaux sans
vraiment savoir lesquels sont-ils, même après une formation en salle! Là,
je regrette de ne pas avoir pensé aux jumelles!
Lundi 04 :
Puerto Natales
Ce
douzième jour est celui de l’arrivée à Puerto Natales, débarquement vers 17h,
l'heure pour tous (enfin les moins organisées comme moi) de trouver un
logement, direction donc le camping en plein centre ville, profitons en, il
faut rentabiliser le portage de la tente! Mais nous n'oublions pas de nous
donner un rendez vous, l'équipe de jeunes du bateau, pour boire un coup dans un
bar le soir.
Néanmoins,
pour cette fin d’après midi, ma préoccupation n’était pas vraiment à l’hébergement
mais plutôt au programme des prochains jours : suivre une bonne partie du
groupe qui risque de faire la même chose dans le parc (le circuit appelé W), ou
suivre l’idée que j'ai depuis que j’ai vu le profil du circuit appelé
"O" faisant le tour complet du massif montagneux, et le faire en
trail ! Devant cette interrogation, et ne connaissant pas bien le terrain, je
vais donc à la pêche aux infos auprès des agences qui organisent des excursions
avec guides, 2 me disent que cela est faisable puisque le record est de 18h,
mais qu’il faut réserver les hébergements en ville et non dans le parc, mais
les bureaux sont fermés. J'attendrai donc le lendemain après midi pour me diriger
vers le parc. Rassuré, je peux faire les courses pour les 5 jours à venir, en
gardant en tête la possibilité de faire du trekking suivant la météo annoncée
sur place. Après un diner rapide, je rejoints les autres pour confronter nos
plans hébergements et randonnées, et j'annonce le mien, le "défit"
est lancé autour de quelques bières!
Mardi 05 :
Puerto Natales – Parc Torres del Paine
En route
pour la logistique hébergement pour ce trail de 90km, direction donc l’agence
qui gère les 2 refuges que je me donne pour objectif d’étape. La personne
commence par me dire qu’il n’est pas possible de faire seul le circuit complet
et que je ne suis pas non plus autorisé à courir! M’étant bien renseigné auparavant,
je lui réponds que cela n'est peut être effectivement pas conseillé mais pas
interdit. Les interdictions formelles étant de faire du feu, de sortir des
chemins balisés et de se déplacer de nuit. Je lui propose donc mes 2 nuits d’étapes
et nouvelle interrogation quant à la faisabilité. Elle finit par appeler l’administration
du parc (CONAF) pour leur expliquer le projet, il finisse par me prendre au
téléphone, pour que j’expose le projet, et ils finissent par accepter et je
réserve donc les 2 jours en pensions complètes qui me permettront de ne pas
avoir un sac trop gros, mais quand même 87 000 pesos chiliens + 18 000 pour l’entrée,
pas donné les parcs au Chili !
Pour le
reste de la journée, je n’ai plus qu’à prendre les 2 bus nécessaires pour
arrivée au lieu de départ pour le nouveau plantage de tente.
Mercredi
06 : Camping Torres – Refuge Dickson
Je dépose
donc mon gros sac en consigne au refuge voisin du camping, je serai léger pour
3 jours (cape de pluie, coupe vent pour courir, une tenue pour le soir au
refuge, la nourriture pour la journée, 1,5 litre d’eau, couteau, appareil
photo, frontale, couverture de survie, straping…).
09h30 :
en route pour cette première. Le premier jour est le plus simple car celui avec
le moins de dénivelé et pas trop long, 30km, cela peu d’ailleurs se faire en
marchant sur une bonne journée. Les interrogations portent sur le type de
chemin et la météo qui peut rapidement changer. Très beau temps pour ce premier
jour, pas de problèmes rencontrés, les distances sont bonnes, les paysages font
un peu penser aux Alpes ou a l'Ecosse, dans ce que je peux connaitre.
Peu de
monde en revanche sur le parcours, je fais donc cette première étape sans réelle
pause sauf pour les photos et grignoter de temps en temps et discuter avec 2
amies du bateau que je rattrape et que je retrouverai le soir au refuge
Dickson.
J’y
arrive donc en milieu d’après midi, en accélérant un peu car je commence à
avoir faim. Le site est très sympa, une vaste prairie en bord de lac, avec au
fond un glacier qui se jette dans le lac, les gardiens sont en cours de partie
de foot, d’autres personnes travaillent sur les maisons.
Le temps de manger et
de prendre une douche au refuge, mes 2 amies américaines arrivent. C’est un
plaisir de les retrouver, à 18 et 19 ans, partir pour plusieurs mois dans toute
l Amérique du sud, je dis chapeau! Le système américain permet peut être plus
ce genre de break ? Peu importe, encore faut il avoir la volonté de la faire. Nous
sommes donc a priori 3 sur la centaine de personne du bateau à faire le circuit
complet qui fait le tour du massif montagneux, enfin un peu de calme. Je me
ballade donc autour du refuge pour quelques photos, et laisse mes 2 jeunes aventurières
se reposer et monter leur tente.

Vient l’heure de l’apéro, une bière à la main,
cela facilite la prise de contact et la discussion avec le staff du refuge et l’autre
couple qui est en pension complète ce jour la. Un couple d'américain, d'une
cinquantaine d’année cette fois, qui sont en randonnée à cheval avec un guide.
Puis, un couple de retraité anglais, complète la table. La soirée est très intéressante
puisque le couple d’américain, surtout le monsieur d’origine polonaise, se
montre très curieux, notamment sur le sujet de l’Europe et du refus des anglais
d’intégrer l’EU. Nous parlons beaucoup des spécificités nationales, de ce qui
nous rend différent. Je pense que c'est la caractéristiques des voyageurs :
aimer connaitre et comprendre comment cela se passe ailleurs, voir au delà de
sa frontière. Ce genre de discussion est d’autant plus riche que les personnes
sont un peu âgées, et ont du recul sur les choses. Ce n’est pas pour rien que
la plupart des témoignages forts dans le DVD de Yann-Arthus BERTRAND, 6 milliards
d’autres, ont souvent plus de 40 ans.
D’autres
parts, ils se trouvent qu’ils parlent aussi plus lentement ! Car je
parviens à suivre 80% du débat mais non sans mal.
Nous nous
quittons donc sur ces échanges intéressants.
Jeudi 07 :
Refuge Dickson – Refuge Grey
Le 2eme
jour de trail commence par la pluie ! Après le petit déjeuné, les 2
aventurières prennent de l’avance. En ce qui me concerne, j’attends un peu
avant le départ, car la veille, le début de journée en pleine digestion avait
été un peu dur. Cela laisse le temps d'un traditionnel (mais pas systématique)
échange de coordonnées avec le couple américain. Je quitte donc le refuge vers
10h30, il pleut toujours, rien ne sert d’attendre plus longtemps. L’appareil
photo ne sortira pas beaucoup ce matin là, jusqu’au passage du col !
Le
prochain camping rejoint après 1h30 de course ne possède pas de salle chauffée,
et pourtant, j’ai bien froid. Une nouvelle occasion pour constater que la
Conaf, n’est vraiment pas au top : le campement n'a aucunes infos sur la météo
au passage du col qui suit à 1200m d’altitude, où il neige. Y a t il beaucoup
de neige ? Le chemin est-il visible? Comme les gardiens, je me contente des
infos des personnes qui descendent: 5cm pas plus et le chemin est bien visible.
Pas
question de dormir là de toute façon, je poursuis donc avant de finir en
glaçon, keep going until the passage John Gardner. Il est annoncé 4h de marche
avant le prochain camping, comme ca monte, je pense pouvoir le faire en 3 heures,
car je ne pourrai accélérer que dans la descente. M'étant préparé psychologiquement
à ce que cela soit long, le col arrive assez rapidement finalement, avec un
petit sac, je suis quand même plus a l'aise qu’avec un sac de 15-20kg. Passage
du col dans les nuages,
mais 100m plus bas, le ciel se dégage et apparaît le
glacier Grey... moment indescriptible, waouuu !!!
Surement
le plus beau paysage jamais vu depuis mes 27 dernières années, et il sera
difficile de faire mieux ! Les circonstances de la découverte de ce glacier,
après une matinée sous la pluie et la neige, l’incertitude sur ce passage
réputé pour subir des conditions climatiques extrêmes, la marque du milieu du
trail... Toutes ces raisons font de ce moment, un souvenir formidable, à tel
point que la journée de mauvais temps du lendemain et la mauvaise visibilité
des « Tours », le surlendemain, n'entamera pas le moral.
Je prends
donc beaucoup de temps pour faire des photos, bien que je sois en cape de pluie
et qu’il fasse quand même bien froid.
La
descente pour le refuge du soir se fait en longeant ce glacier, j’ye serai vers
18h.
Grande différence avec le refuge de la veille, refuge Grey, on peut dire
que c'est l'usine. Je profite du beau temps qui persiste pour aller déguster
une bière de récupération au bord du lac Grey et des icebergs qui dérivent
après s'être détachés du glacier. Que du bonheur...
Repas
correct, je m’assoie au hasard à une table, il faut que je tombe sur des
français, également pour un mois au chili. Encore une soirée que je ne passerai
pas seul!
Vendredi
08 : Refuge Grey – Camping Las Torres
Le
dernier jour est plus long mais avec moins de dénivelé, pas de soucis donc sur
cette "autoroute" que forme la partie sud du circuit, sauf la pluie
qui n'est pas intense mais présente toute la journée. Je dois m’arrêter vers
14h30 pour la pause déjeuner et surtout car j’ai les pieds trempés, je vais
donc essayer de sécher pendant 1 heure dans le seul refuge de la journée, pour
finir les 11km qu’il me reste. Je passe donc à côté de la vallée des français, petit
regret de ne pas avoir le temps d’y aller, mais de toute façon le temps ne m’aurait
pas permis de voir grand chose. Après avoir liquidé ma lunch box et pris un
chocolat chaud, je repars, objectif être dans 2 heures au camping!

Contrat
rempli, je récupère mon sac au refuge du premier jour, après avoir accéléré le
rythme pendant la dernière demi heure du parcours, très content d’avoir bouclé
ce parcours, sans blessure. Je double d’ailleurs un joggeur de l’hôtel plus
luxueux, voisin du camping, puis une petite photo souvenir sur un des derniers
ponts du parcours.
En
revanche, petite déception de ne pouvoir partager cette fin d’aventure avec d’autre.
Je mange donc seul ma ration de pâte, en pensant à la suite du programme. Il me
manque une vallée, depuis laquelle il est possible d’observer les 3
"tours" qui font le symbole de ce parc et qui lui donne son nom. Je
décide donc de poursuivre le lendemain, n’ayant pas de douleur et du temps
devant moi.
Samedi 09 :
Camping Las Torres – Puerto Natales
C'est
reparti pour une journée de grimpette, 700m de dénivelé pour atteindre la base
des tours et le lac. Départ assez tardif car j’ai remarqué qu'en ce moment le
temps se lève tardivement. Pas de course pour ce matin mais une marche rapide,
et je retrouve à mi chemin, comme cela devait se produire à un moment ou l’autre,
Mirja et Alena, les 2 amies allemandes du bateau Navimag, qui faisaient le
petit tour mais dans l’autre sens. Je croiserai aussi toute la journée
plusieurs groupes du bateau, assez amusant de se revoir plusieurs jours plus
tard : "so, you made it? Crazy runner? How it was?’’


Je
poursuis donc la montée et arrive au lac vers 13h, malheureusement et c'était
prévisible, le temps est bouché, d’autres personnes arrivées avant disent que
cela s’améliore de minutes en minutes. Mais il fait froid et même avec la cape
de pluie et une veste chaude, je ne pense pas tenir plus d’une heure. Nous
avons le droit à quelques trouées mais rien de plus, les campeurs voisins auront
plus de chance vers 19h le soir!
C'est la nature qui décide, on ne peut pas
avoir de la chance tous les jours, j’estime que j'en ai déjà eu beaucoup depuis
le début du séjour. La descente sera plus difficile, première partie très
rapide (peu être trop), car je finis par sentir une douleur à la cheville, je
ralentis donc sur la fin, le séjour n’est pas fini !
Les bus
de retour vers puerto natales sont à 14h30 et 20h, je décide donc de rentrer le
jour même dans la ville d’arrivée du bateau.
Sur le
chemin du retour, en bus, nous avons la chance d’observer un puma, à quelques
mètres, visiblement pas si peureux, comme nous le disaient tous les chiliens.
Beaucoup de gardiens du parc n'ont pas eu la chance d'en voir. L'annonce de l’info
a d'ailleurs déclenché un mouvement immédiat vers les fenêtres comme si il y
avait un lion à observer. Un bel événement pour finir cette visite du parc!