mardi 23 juillet 2013

Vendredi 15 : Estancia Haberton
Suite et fin, enfin. Je dois me remémorer ce que j’ai fait pendant cette dernière période puisque je n’avais rien noté in situ, appel donc à la mémoire.
Les choix pour les prochains jours se font donc surtout en fonction de la météo et du budget. Pour la marche sur le glacier, possible seulement ce vendredi, vu la découverte de la veille et la météo moyenne annoncée, j’abandonne. J’oublie aussi la traversée vers l’ïle Navarino pour le trek, étant le seul passager, de toute façon il ne m’aurait pas pris et pour le kayak, je trouve cela excessif pour une journée sachant que je vais pouvoir découvrir la zone de navigation à pied par un chemin côtier que je vais d’ailleurs suivre demain.
J’ai donc choisi de prendre un bateau pour une balade dans le canal beagle et la visite de la première estancia d'Ushuaïa, étroitement lié à la naissance de la ville à quelques kilomètres. Départ à 9h30 sur un bateau d’une centaine de personnes, avec un polonais du camping qui avait réservé la même balade. Le circuit paraît bien rodé, une animatrice nous accueille chaleureusement et nous explique tout au long de la matinée, les espèces que nous observons, l’environnement qui nous entourent, encore un vraiment bon accueil. Nous passons donc devant des îlots, dont chacun à un peuplement différent, des loups de mer pour un, des pingouins pour l’autre ou encore des cormorans. Notre présence ne semble pas les déranger, nous ne sommes pas les premiers !



Cette petite promenade est aussi l’occasion de discuter avec mon ami polonais du jour, un jeune de trente ans environ. Voici sa façon de voyager, il travaille à distance pour une entreprise européenne, dans l’informatique, il a donc un point d’hébergement à Buenos Aires et dès qu’il a quelques semaines de libre, il voyage dans toute l’Amérique du Sud, dès qu’il m’a dit avoir gravi l’Aconcagua, cela m’a suffit pour être en admiration !
Nous passons également devant le phare « les éclaireurs », marquant l’entrée de la baie d’Ushuaia, puis survient un événement inattendu.


Le bateau est entouré d’une famille d’orques ! Les membres de l’équipage sont tout aussi heureux que nous puisqu’ils sortent également leur appareil photos pour immortaliser l’instant. La mer est d’huile, le soleil est une nouvelle fois présent, le mouvement lent mais majestueux des cétacés est tout simplement beau. Le jeu est de calculer la distance entre chacune de leur ondulation, pour pouvoir les prendre en photo à leur sortie de l’eau, à qui aura le plus beau cliché ! 



Après cet événement  tout le monde affiche un large sourire, le reste de la journée devient presque bonus ! Le bateau ayant dévié sa route pour nous rapprocher et suivre l’attraction, nous reprenons notre retour vers l’étape suivante, un îlot résidence cette fois de pingouins ! 
Enfin, nous sommes conduits vers l’embarcadère de l’estancia, où 2 guides nous attendent pour la visite en espagnol ou en anglais. L’activité de l’estancia s’est arrêtée depuis une vingtaine d’année et on sent que le temps s’est aussi arreté. 

La propriété reste très bien entretenue par les descendants mais presque trop, on sent qu’il n’y a plus réellement de vie. Une jeune guide nous explique comment, en 1889, le missionnaire Thomas Bridge, démissionnant de la mission anglicane à Ushuaia à fonder cette estancia. Les dernières installations de tonte des montons sont particulièrement intéressantes.


Après une pause déjeuner, nous poursuivons notre route en bus jusqu’à un deuxième musée, celui-ci dédié aux cétacés. Le guide nous explique les différences entre les différentes familles et sous familles de cétacés : les baleines possédant des fanons (familles des mysticètes pour les puristes), et les odontocètes qui possèdent une (le narval) ou plusieurs dents, les dauphins. Après cette visite express du musée (45min max), nous reprenons la route du retour au cours de laquelle le chauffeur nous montre les dégâts des castors dans la région, nous dépose à plusieurs points de vue le temps de quelques photos, chez un éleveur de chien de traineau… et nous revenons à Ushuaia vers 20h, ravi de cette journée riche en découverte !



jeudi 11 avril 2013

Suite, le citadin, Punta Arenas et Ushuaia


Dimanche 10 : Puerto Natales
Les 3 jours qui viennent sont des jours de transition et de repos à Punta Arenas, grande ville avant le passage en argentine. Rien de spécial donc ce jour, trajet loupé à 15h, je prendrai donc le prochain à 18h, arrivé à 20h30. Cela laisse moins de choix pour la nuit, je prends au plus court, « backpackers paradise », juste à la sortie du bus.
Assez sale, beaucoup de bikers qui font les routes mythiques du chili (carretera australe) et de l’argentine (route 40), pas un super feeling. Je ne sais pas encore combien de temps je resterai à PA, cela dépendra des activités possibles et surtout des sorties que pourraient éventuellement me proposer des agences de voyages pour rejoindre un groupe comme je l’avais fait à Madagascar. Pendant le diner au backpakers, je vois une affiche de la « patagonian expedition race », qui vient de se terminer. Je demande plus d’explication au gérant. C’est donc une course de 7 jours, d’environ 700km, petit raid multisport en somme! 15 équipes partantes, 3 arrivées! Ni une ni deux, recherche sur le net. Il y a un facebook? Message sur le mur, disant que je recherche des activités multisport un peu original dans le secteur, j’ajoute que j’ai fait le trek au Torres en 22h (record 17h mais sans pause!), histoire de capter l’attention, quelqu’un me répond dans la demi heure! C’est une réponse automatique ou quoi? "Passé demain au bureau !"
Je crois rêver, j’imagine déjà qu’il va pouvoir me donner des contacts de bon guide vtt ou kayak... au lit, la suite demain.


Lundi 11 : Punta Arenas toujours.
Je me lève donc avec beaucoup d’espoir pour cette rencontre. J’arrive au bureau vers 10h, je sonne, la personne n'a pas l'air au courant, puis Pete sort de son bureau, « hey, Ronan, come in ».
Je lui explique donc qu’il me reste une grosse semaine en Patagonie, sans réel programme et que je recherche à découvrir le coin en dehors des circuits un peu trop touristique et en faisant du sport! En fait, Il n'a rien à me proposer de particulier, mais me conseille 2 treks, un pas loin et l'autre en face d'Ushuaia à partir de Puerto William mais pour lequel la question du transport est compliquée, j'arriverai à trouver le parcours dans un guide d'un autre voyageur du backpakers !


Pendant 2 jours, entre une visite de l'ile aux pingouins avec les allemandes que je viens de retrouver en ville et une visite de la pointe sud du continent américain, j’essaye donc de programmer la suite sur les propositions de Pete : pour Puerto Wiliams, avion : 130e l’aller, mais rien avant 4 jours, le bateau, 150e mais 30 heures (et surtout, encore une croisière!), reste le bus jusqu'à Ushuaia et traverser sur place le canal Beagle mais les prix sont exorbitant car les argentins ne veulent pas perdre leurs clientèles mais les chiliens ne veulent pas non plus voir arriver trop de touristes. Je ne pourrai me faire confirmer les prix que sur place. L'idée de ce trek s'éloigne petit à petit, d’autant que je ne sais pas quelle météo il fera pour ces jours la et que ce trek est sans balisage et peu de chemin, d'où son caractère un peu mythique.
En parallèle, je lis par contre beaucoup de commentaires négatifs sur le net sur Ushuaia, car trop chers, trop touristiques...
Mais vers Ushuaia, les bus ne sont pas quotidiens, je me décide donc à quitter PA, le mercredi après 3 jours sur place, ce qui me semble suffisant puisque j’ai vu les choses les plus intéressantes. Je voulais quand même faire ce trajet en bus, qui traverse toute la terre de feu, cela permet de changer du format "croisière".




Dans l’après midi, au détour d’une course, je retrouve par hasard Mirja et Alina, qui sont arrivé un peu avant moi dans la ville. Bien que je n’étais pas très chaud pour me rendre sur l’île, réserve naturelle, où se retrouvent tous les ans des milliers de pingouins, je me décide à les accompagner, toujours plus sympa avec d’autres personnes que seul. Après 2 heures de bateau bien sympathique en fin d’après midi, nous arrivons sur l’île sur laquelle nous aurons 1 heure pour nous promener sur les chemins aménagés jusqu’au far de l’île.








Je ne regrette pas, car c’est vrai qu’ils sont quand même bien marrant à voir de prêt ces petites bêtes, surtout à quelques centimètres. Les voir marcher péniblement sur les gros galets, en file indienne, ca aurait été dommage de louper ça, qui plus est à la tomber de la nuit. Cette balade rattrape donc le faux espoir du matin !

Mardi 12 : PA - PA
Le lendemain, à défaut de faire le trek proposé par Pete, qui traversait quand même des rio avec de l’eau jusqu'à la taille, je m’arrête à la visite de Fuerte Bulnes. La visite se fera donc avec un chauffeur et 3 autres personnes, presque un tour privé.



Le premier arrêt est en fait le point géographique central du Chili, aussi fou que cela puisse paraître, le pôle sud est donc encore très loin, aussi loin que le nord du Chili !

Le deuxième site visité est le lieu de la première tentative de colonisation par les espagnols vers 1550, 250 espagnols construisent une ville au niveau du cap, mais entre maladies, problèmes d’alimentation, aucuns ne survivra. La réelle colonisation suivante, aura lieu en 1843, lieu investi par les chiliens pour contrôler le détroit de Magellan et donc choisi pour y construire un fort conservé jusqu'à aujourd'hui : Fuerte Bulnes.
L'occasion pour en apprendre plus sur la formation de ce canal, la partie sud ouest est en réalité la liaison entre 2 plaques tectoniques, et la partie nord est un ancien glacier, disparu, remplacé par un lac, puis "ouverture" du lac et ainsi, connexion avec l’Atlantique. Point de passage obligé et surtout à l’abri pour les bateaux allant du pacifique sud à l’Atlantique Sud. Traffic relativement important.
Mise à part que le fort permet de voir les techniques de construction de l'époque, il n’est pas d'un grand intérêt, la vue sur le canal est belle, par beau temps uniquement. 




Retour vers 14h, encore une belle preuve de la qualité de l’accueil, les explications étaient très intéressantes tout au long de la visite, et finalement, sans guide, elle aurait perdu tout son intérêt.
Cela m'amène à une réflexion générale : peu d’information textuelle sur site, peu de carte précise ou vraiment mauvaise, mais cependant très bon accueil. Est-ce une volonté de vouloir conserver la transmission orale, de manière culturelle ou pour que les touristes fassent appel aux guides locaux, ou juste une tendance que l'on peut observer ?
Idem pour les restrictions affichées de ne pas sortir des sentiers battus : effectivement pas téméraires ou choix délibéré pour préserver les zones sauvages?
(Cependant, compréhensible vu les conditions climatiques changeantes et extrêmes en hiver, d'où les transferts de bus en convoie de différentes)



Mercredi 13 :
8h30 c’est le grand jour, départ du bus pour le passage du Chili à l’Argentine pour la première fois, via la traversée du canal de Magellan, dans sa partie Nord, et la traversée de la terre de Feu, (nom donné par les premiers explorateurs, voyant les fumées s’élevant au loin dans le ciel, provenant des feux des habitants, ils l’ont donc appelé terre de la fumée, mais en rentrant en Espagne, le nom n’était sans doute pas assez marketing, alors ils ont préféré, terre de feu !).

Et qui je retrouve ? Encore des amis du bateau, cette fois un jeune couple de Californien avec qui j’avais également bien sympathisé, puisque le jeune homme était très sportif et coureur à pied sur de longue distance. Nous voilà donc parti pour 12 de bus à travers les grandes étendus de la patagonie argentine (quelque peu caillouteux à la vue de l'équipement du bus!). 


Je ne regrète pas d’avoir plutôt choisi le côté chilien car les paysages sont certes à perte de vue (ci-dessous), mais un peu trop plats et monotones à mon goût, heureusement que j’ai ma tablette  pour écrire un peu ! et un bouquin à lire.



Passage du poste frontière (au loin ci dessus) presque sans problème puisque je viens sans le papier délivré à l’entrée dans le pays, mais que je retrouve bien sûr dans mon sac, un garçon bien organisé comme moi retrouve toujours ses papiers !
La fin du parcours, à la tombée de la nuit, est en revanche magnifique et prometteuse pour les prochains jours autour d’Ushuaïa.
Nous arrivons comme prévu à 20h30, le bus nous dépose prêt du port, en centre ville. L’histoire recommence, trouver un endroit pour dormir sans plomber le budget, exercice de plus en plus difficile, plus on va vers le sud, en résumé, je ne peux pas trouver plus cher ! Lors de mes recherches, j’avais identifié un camping à 2 ou 3 km du centre, et en bon sportif, je décide de prendre un taxi, après 12 heures assis, marcher risquerait de me fatiguer ! 45 $ argentin la nuit, douche, calme, internet, refuge, bar, et du bon côté de la ville pour partir vers le parc national, cela sera mon repère pour la semaine qui va suivre.


Jeudi 14 : Ushuaia – U.
En cette première matinée à Ushuaia, je n’ai pas encore totalement écarté mon plan trek sur l’île en face d’Ushuaia, je consacre donc ma matinée à visiter plusieurs agences de voyage pour comparer les propositions d’exercions, voici en fin de matinée ce qui s’offre à mon choix :
journée VTT avec un guide perso hors de sentier battu : 75€,
journée kayak dans une baie du parc national, en groupe de 2 à 3 personnes : 110€,
journée bateau pour visite d’une estancia traditionnelle argentine : 70€,
journée de marche sur un glacier avec un guide, 75€,
accès en bus et entrée dans le parc national : 30€,
traversée AR pour l’île chilienne pour le trek de 5 jours : 150€ (30min de traversée !),
vol en hélicoptère autour d’Ushuaia entre 30 min et 2 heures : entre 100 et 350€,
je ne parle pas des musées, je les garde pour les derniers jours pour me reposer et enfin comprendre l’histoire de cette ville dont l’urbanisme montre qu’elle a grandi très rapidement, sans anticipation.




Il y a donc beaucoup de choix, mais pour un certain budget, je finis ma matinée par des courses pour 3 à 4 jours, puis une petite rando dans l’après midi me mettra les idées en places.
Je décide donc d’aller voir le glacier Martial qui est juste derrière le camping, il doit y avoir 1000 mètres de dénivelé, je reprends mon sac et mes bâtons à 17h30, toujours avec pour idée, le coucher du soleil sur le canal Beagle. Petit déception en arrivant : la glacier est visiblement parti en congés, niet, walou, que dalle, bezef… pas un brin de glacier, mais ce n’est pas grave, la vue est quand même sympa, j’ai pu réfléchir à mon programme pour la petite semaine qu’il me reste, à suivre dans le dernier épisode.


lundi 25 mars 2013

2ème semaine : Puerto Montt à Puerto Natales


4 jours de « croisière »

 Départ prévu à 14h, mais checking in jusqu'à 11h, cela laisse le temps de visiter le port de PM et le marché où je profite pour acheter d'énorme moules, mais malheureusement rien ne vaut les moules de bouchots, je ne les finirai pas! Beaucoup d'autres produits qui font envie, cependant après les propos du scientifique allemand, cela ne me parait plus très naturel tout ca! 

Retour à l'embarquement, histoire de repérer la population et faire des statistiques : beaucoup de français 20%, beaucoup d’anglo-saxon (anglais, australien, américain) 50%, beaucoup d’allemand également 20%, et donc très peu de chilien, je vais donc faire un break en langue espagnol pour du 70% anglais et 30% français, j’essayerai effectivement dans un premier temps de ne pas aller vers les groupes de français. Sur les bancs d'attente dans le hall, je me fais un premier contact avec 2 allemandes, Mirja et Alena.



 Le bateau ne part qu'à 16h, peut-être à cause des marées, nous avons donc un moment pour nous installer et prendre nos marques bien que le bateau ne soit pas très vaste (pas un bateau de croisière mais un bateau qui faisait auparavant la traversée entre les Pays Bas et l’Angleterre).
2eme occasion pour nouer un contact évident : mes voisins de dortoir, Richard et Andrew, 2 anglais pour 4 mois en Amérique du sud. Je réalise de plus en plus que beaucoup de personnes choisissent l’Amérique du sud pour un break : de grands paysages, une culture proche des pays d’Europe, une facilité de logement pour backpakers,  une population très accueillante. Le contact avec ces anglais est assez distant dans un premier temps, ce que je préfère, j'ai déjà eu l’expérience dans des auberges de jeunesse d’une personne qui te suit partout pendant plusieurs jours, je voudrais donc éviter cela ici !



Un petit résumé donc d'une journée à bord: levé vers 8h00 ou un peu avant si on espère pouvoir prendre des photos du levé du soleil, petit déjeuner entre 8 et 9h, (classique mais quand même fromage, jambon et œuf brouillé, on sent qu'ils connaissent le public ! Ensuite temps libre, pour ma part, cela sera 1h30 de lecture en plein soleil sur le pont du bateau avant que le soleil ne tape trop fort, livre de circonstance, l’esprit d’aventure (merci Karim), encore que la c'est plutôt le confort que la grande aventure. Séance lecture suivi de 30 min de PPG (préparation physique générale), pour ceux qui ne connaissent pas, en résumé, renforcement musculaire, séance que l'on peut faire en stage de triathlon, quand il fait vraiment trop moche dehors. Une douche et au casse croute. Il y a un peu de marge mais ce n'est pas non plus le resto, pas de choix, le menu est imposé et servi entre 12h30 et 13h30.



Ensuite, à peine le temps de faire une sieste, rédaction de ce que vous êtes en train de lire ou rédaction des cartes postales, mais aussi conférence sur la faune de la Patagonie, ou du parc de Torres del paine dans lequel nous allons bientôt tous nous retrouver. Attraction phare, proche du port de débarquement, nous avons donc tous le même guide de tourisme? 

Ceci nous amène donc vers la fin de l'après midi, l'heure de l'apéro pour discuter avec les passagers, les aventures passées et avenir, en anglais, puis en francais quand je sature et que je cède à la facilité. Notamment, un contact très sympa avec une famille française avec leur 2 enfants de 3ans, Sam et Chiara de 5ans, qui font le tour du monde après avoir vendu leur appartement à Paris, acheté une petite maison à 2h de paris, et mis le reste de l'argent de côté pour ce voyage de 10 mois. J'espère pouvoir les revoir à leur retour. Mirja et Alena, dont je n'avais pas pris les coordonnées à la sortie du bateau, mais que j'ai recroisé sur le parc après 4 jours ! Le contact est également toujours resté assez distant, mais je ne voulais pas être le pot de colle décrit précédemment et avoir finalement aussi envie d'être seul pour lire et écrire. D'autre contact sympa, d'autant que j'aurai l'occasion de les recroiser sur le sentier de randonnée du Torres del Paine, mais je n'aurai pas pris le contact de toutes ces personnes, car je sais par expérience qu'il sera difficile de garder le contact après plusieurs années, sauf rencontre dans nos pays d'origine. Il est vrai qu’il n'est pas non plus facile, à cause du manque d'aisance en anglais (je parle pour moi) pour les discutions plus abouties ou même lorsqu'en soirée les jeunes anglo-saxons font moins d'effort dans leur échange pour que l’on puissent les suivre.

Enfin, ces échanges se font bien entendus aussi pendant les repas, le diner est donc survie vers 20h, suivi de soirées organisées : karaoké, film, et pour finir bingo pour laquelle mes 2 jeunes allemandes sont toutes excitées, c'est peut être plutôt la soirée dance qui s'en suivait pour le dernier soir, mais malheureusement, pas avec une musique à notre goût.

Voici donc comment se passe la vie sur le bateau, nous avons en plus de tout cela la chance d'avoir un temps magnifique pendant les 4 jours, nous pouvons donc sortir à tout moment pour apprécier les paysages sauvages que nous traversons, notamment un glacier que nous approchons de très prêt, avec de belles couleurs bleutées.





Le seul village étape, Puerto Eden où je ne descendrais par car ils annoncent seulement 45min sur place.


Observer aussi les animaux, loups de mer, baleine de très loins, beaucoup d'oiseaux sans vraiment savoir lesquels sont-ils, même après une formation en salle! Là,  je regrette de ne pas avoir pensé aux jumelles!













Lundi 04 : Puerto Natales

Ce douzième jour est celui de l’arrivée à Puerto Natales, débarquement vers 17h, l'heure pour tous (enfin les moins organisées comme moi) de trouver un logement, direction donc le camping en plein centre ville, profitons en, il faut rentabiliser le portage de la tente! Mais nous n'oublions pas de nous donner un rendez vous, l'équipe de jeunes du bateau, pour boire un coup dans un bar le soir.
Néanmoins, pour cette fin d’après midi, ma préoccupation n’était pas vraiment à l’hébergement mais plutôt au programme des prochains jours : suivre une bonne partie du groupe qui risque de faire la même chose dans le parc (le circuit appelé W), ou suivre l’idée que j'ai depuis que j’ai vu le profil du circuit appelé "O" faisant le tour complet du massif montagneux, et le faire en trail ! Devant cette interrogation, et ne connaissant pas bien le terrain, je vais donc à la pêche aux infos auprès des agences qui organisent des excursions avec guides, 2 me disent que cela est faisable puisque le record est de 18h, mais qu’il faut réserver les hébergements en ville et non dans le parc, mais les bureaux sont fermés. J'attendrai donc le lendemain après midi pour me diriger vers le parc. Rassuré, je peux faire les courses pour les 5 jours à venir, en gardant en tête la possibilité de faire du trekking suivant la météo annoncée sur place. Après un diner rapide, je rejoints les autres pour confronter nos plans hébergements et randonnées, et j'annonce le mien, le "défit" est lancé autour de quelques bières!

Mardi 05 : Puerto Natales – Parc Torres del Paine
En route pour la logistique hébergement pour ce trail de 90km, direction donc l’agence qui gère les 2 refuges que je me donne pour objectif d’étape. La personne commence par me dire qu’il n’est pas possible de faire seul le circuit complet et que je ne suis pas non plus autorisé à courir! M’étant bien renseigné auparavant, je lui réponds que cela n'est peut être effectivement pas conseillé mais pas interdit. Les interdictions formelles étant de faire du feu, de sortir des chemins balisés et de se déplacer de nuit. Je lui propose donc mes 2 nuits d’étapes et nouvelle interrogation quant à la faisabilité. Elle finit par appeler l’administration du parc (CONAF) pour leur expliquer le projet, il finisse par me prendre au téléphone, pour que j’expose le projet, et ils finissent par accepter et je réserve donc les 2 jours en pensions complètes qui me permettront de ne pas avoir un sac trop gros, mais quand même 87 000 pesos chiliens + 18 000 pour l’entrée, pas donné les parcs au Chili !
Pour le reste de la journée, je n’ai plus qu’à prendre les 2 bus nécessaires pour arrivée au lieu de départ pour le nouveau plantage de tente.

Mercredi 06 : Camping Torres – Refuge Dickson
Je dépose donc mon gros sac en consigne au refuge voisin du camping, je serai léger pour 3 jours (cape de pluie, coupe vent pour courir, une tenue pour le soir au refuge, la nourriture pour la journée, 1,5 litre d’eau, couteau, appareil photo, frontale, couverture de survie, straping…).

09h30 : en route pour cette première. Le premier jour est le plus simple car celui avec le moins de dénivelé et pas trop long, 30km, cela peu d’ailleurs se faire en marchant sur une bonne journée. Les interrogations portent sur le type de chemin et la météo qui peut rapidement changer. Très beau temps pour ce premier jour, pas de problèmes rencontrés, les distances sont bonnes, les paysages font un peu penser aux Alpes ou a l'Ecosse, dans ce que je peux connaitre.
Peu de monde en revanche sur le parcours, je fais donc cette première étape sans réelle pause sauf pour les photos et grignoter de temps en temps et discuter avec 2 amies du bateau que je rattrape et que je retrouverai le soir au refuge Dickson.
J’y arrive donc en milieu d’après midi, en accélérant un peu car je commence à avoir faim. Le site est très sympa, une vaste prairie en bord de lac, avec au fond un glacier qui se jette dans le lac, les gardiens sont en cours de partie de foot, d’autres personnes travaillent sur les maisons.


 Le temps de manger et de prendre une douche au refuge, mes 2 amies américaines arrivent. C’est un plaisir de les retrouver, à 18 et 19 ans, partir pour plusieurs mois dans toute l Amérique du sud, je dis chapeau! Le système américain permet peut être plus ce genre de break ? Peu importe, encore faut il avoir la volonté de la faire. Nous sommes donc a priori 3 sur la centaine de personne du bateau à faire le circuit complet qui fait le tour du massif montagneux, enfin un peu de calme. Je me ballade donc autour du refuge pour quelques photos, et laisse mes 2 jeunes aventurières se reposer et monter leur tente. 

Vient l’heure de l’apéro, une bière à la main, cela facilite la prise de contact et la discussion avec le staff du refuge et l’autre couple qui est en pension complète ce jour la. Un couple d'américain, d'une cinquantaine d’année cette fois, qui sont en randonnée à cheval avec un guide. Puis, un couple de retraité anglais, complète la table. La soirée est très intéressante puisque le couple d’américain, surtout le monsieur d’origine polonaise, se montre très curieux, notamment sur le sujet de l’Europe et du refus des anglais d’intégrer l’EU. Nous parlons beaucoup des spécificités nationales, de ce qui nous rend différent. Je pense que c'est la caractéristiques des voyageurs : aimer connaitre et comprendre comment cela se passe ailleurs, voir au delà de sa frontière. Ce genre de discussion est d’autant plus riche que les personnes sont un peu âgées, et ont du recul sur les choses. Ce n’est pas pour rien que la plupart des témoignages forts dans le DVD de Yann-Arthus BERTRAND, 6 milliards d’autres, ont souvent plus de 40 ans.
D’autres parts, ils se trouvent qu’ils parlent aussi plus lentement ! Car je parviens à suivre 80% du débat mais non sans mal.
Nous nous quittons donc sur ces échanges intéressants.

Jeudi 07 : Refuge Dickson – Refuge Grey
Le 2eme jour de trail commence par la pluie ! Après le petit déjeuné, les 2 aventurières prennent de l’avance. En ce qui me concerne, j’attends un peu avant le départ, car la veille, le début de journée en pleine digestion avait été un peu dur. Cela laisse le temps d'un traditionnel (mais pas systématique) échange de coordonnées avec le couple américain. Je quitte donc le refuge vers 10h30, il pleut toujours, rien ne sert d’attendre plus longtemps. L’appareil photo ne sortira pas beaucoup ce matin là, jusqu’au passage du col !
Le prochain camping rejoint après 1h30 de course ne possède pas de salle chauffée, et pourtant, j’ai bien froid. Une nouvelle occasion pour constater que la Conaf, n’est vraiment pas au top : le campement n'a aucunes infos sur la météo au passage du col qui suit à 1200m d’altitude, où il neige. Y a t il beaucoup de neige ? Le chemin est-il visible? Comme les gardiens, je me contente des infos des personnes qui descendent: 5cm pas plus et le chemin est bien visible.
Pas question de dormir là de toute façon, je poursuis donc avant de finir en glaçon, keep going until the passage John Gardner. Il est annoncé 4h de marche avant le prochain camping, comme ca monte, je pense pouvoir le faire en 3 heures, car je ne pourrai accélérer que dans la descente. M'étant préparé psychologiquement à ce que cela soit long, le col arrive assez rapidement finalement, avec un petit sac, je suis quand même plus a l'aise qu’avec un sac de 15-20kg. Passage du col dans les nuages,






mais 100m plus bas, le ciel se dégage et apparaît le glacier Grey... moment indescriptible, waouuu !!!
Surement le plus beau paysage jamais vu depuis mes 27 dernières années, et il sera difficile de faire mieux ! Les circonstances de la découverte de ce glacier, après une matinée sous la pluie et la neige, l’incertitude sur ce passage réputé pour subir des conditions climatiques extrêmes, la marque du milieu du trail... Toutes ces raisons font de ce moment, un souvenir formidable, à tel point que la journée de mauvais temps du lendemain et la mauvaise visibilité des « Tours », le surlendemain, n'entamera pas le moral.
Je prends donc beaucoup de temps pour faire des photos, bien que je sois en cape de pluie et qu’il fasse quand même bien froid.
La descente pour le refuge du soir se fait en longeant ce glacier, j’ye serai vers 18h. 



Grande différence avec le refuge de la veille, refuge Grey, on peut dire que c'est l'usine. Je profite du beau temps qui persiste pour aller déguster une bière de récupération au bord du lac Grey et des icebergs qui dérivent après s'être détachés du glacier. Que du bonheur...




Repas correct, je m’assoie au hasard à une table, il faut que je tombe sur des français, également pour un mois au chili. Encore une soirée que je ne passerai pas seul!

Vendredi 08 : Refuge Grey – Camping Las Torres
Le dernier jour est plus long mais avec moins de dénivelé, pas de soucis donc sur cette "autoroute" que forme la partie sud du circuit, sauf la pluie qui n'est pas intense mais présente toute la journée. Je dois m’arrêter vers 14h30 pour la pause déjeuner et surtout car j’ai les pieds trempés, je vais donc essayer de sécher pendant 1 heure dans le seul refuge de la journée, pour finir les 11km qu’il me reste. Je passe donc à côté de la vallée des français, petit regret de ne pas avoir le temps d’y aller, mais de toute façon le temps ne m’aurait pas permis de voir grand chose. Après avoir liquidé ma lunch box et pris un chocolat chaud, je repars, objectif être dans 2 heures au camping!

Contrat rempli, je récupère mon sac au refuge du premier jour, après avoir accéléré le rythme pendant la dernière demi heure du parcours, très content d’avoir bouclé ce parcours, sans blessure. Je double d’ailleurs un joggeur de l’hôtel plus luxueux, voisin du camping, puis une petite photo souvenir sur un des derniers ponts du parcours.
En revanche, petite déception de ne pouvoir partager cette fin d’aventure avec d’autre. Je mange donc seul ma ration de pâte, en pensant à la suite du programme. Il me manque une vallée, depuis laquelle il est possible d’observer les 3 "tours" qui font le symbole de ce parc et qui lui donne son nom. Je décide donc de poursuivre le lendemain, n’ayant pas de douleur et du temps devant moi.

Samedi 09 : Camping Las Torres – Puerto Natales
C'est reparti pour une journée de grimpette, 700m de dénivelé pour atteindre la base des tours et le lac. Départ assez tardif car j’ai remarqué qu'en ce moment le temps se lève tardivement. Pas de course pour ce matin mais une marche rapide, et je retrouve à mi chemin, comme cela devait se produire à un moment ou l’autre, Mirja et Alena, les 2 amies allemandes du bateau Navimag, qui faisaient le petit tour mais dans l’autre sens. Je croiserai aussi toute la journée plusieurs groupes du bateau, assez amusant de se revoir plusieurs jours plus tard : "so, you made it? Crazy runner? How it was?’’


Je poursuis donc la montée et arrive au lac vers 13h, malheureusement et c'était prévisible, le temps est bouché, d’autres personnes arrivées avant disent que cela s’améliore de minutes en minutes. Mais il fait froid et même avec la cape de pluie et une veste chaude, je ne pense pas tenir plus d’une heure. Nous avons le droit à quelques trouées mais rien de plus, les campeurs voisins auront plus de chance vers 19h le soir! 


C'est la nature qui décide, on ne peut pas avoir de la chance tous les jours, j’estime que j'en ai déjà eu beaucoup depuis le début du séjour. La descente sera plus difficile, première partie très rapide (peu être trop), car je finis par sentir une douleur à la cheville, je ralentis donc sur la fin, le séjour n’est pas fini !
Les bus de retour vers puerto natales sont à 14h30 et 20h, je décide donc de rentrer le jour même dans la ville d’arrivée du bateau.
Sur le chemin du retour, en bus, nous avons la chance d’observer un puma, à quelques mètres, visiblement pas si peureux, comme nous le disaient tous les chiliens. Beaucoup de gardiens du parc n'ont pas eu la chance d'en voir. L'annonce de l’info a d'ailleurs déclenché un mouvement immédiat vers les fenêtres comme si il y avait un lion à observer. Un bel événement pour finir cette visite du parc!