lundi 25 mars 2013

2ème semaine : Puerto Montt à Puerto Natales


4 jours de « croisière »

 Départ prévu à 14h, mais checking in jusqu'à 11h, cela laisse le temps de visiter le port de PM et le marché où je profite pour acheter d'énorme moules, mais malheureusement rien ne vaut les moules de bouchots, je ne les finirai pas! Beaucoup d'autres produits qui font envie, cependant après les propos du scientifique allemand, cela ne me parait plus très naturel tout ca! 

Retour à l'embarquement, histoire de repérer la population et faire des statistiques : beaucoup de français 20%, beaucoup d’anglo-saxon (anglais, australien, américain) 50%, beaucoup d’allemand également 20%, et donc très peu de chilien, je vais donc faire un break en langue espagnol pour du 70% anglais et 30% français, j’essayerai effectivement dans un premier temps de ne pas aller vers les groupes de français. Sur les bancs d'attente dans le hall, je me fais un premier contact avec 2 allemandes, Mirja et Alena.



 Le bateau ne part qu'à 16h, peut-être à cause des marées, nous avons donc un moment pour nous installer et prendre nos marques bien que le bateau ne soit pas très vaste (pas un bateau de croisière mais un bateau qui faisait auparavant la traversée entre les Pays Bas et l’Angleterre).
2eme occasion pour nouer un contact évident : mes voisins de dortoir, Richard et Andrew, 2 anglais pour 4 mois en Amérique du sud. Je réalise de plus en plus que beaucoup de personnes choisissent l’Amérique du sud pour un break : de grands paysages, une culture proche des pays d’Europe, une facilité de logement pour backpakers,  une population très accueillante. Le contact avec ces anglais est assez distant dans un premier temps, ce que je préfère, j'ai déjà eu l’expérience dans des auberges de jeunesse d’une personne qui te suit partout pendant plusieurs jours, je voudrais donc éviter cela ici !



Un petit résumé donc d'une journée à bord: levé vers 8h00 ou un peu avant si on espère pouvoir prendre des photos du levé du soleil, petit déjeuner entre 8 et 9h, (classique mais quand même fromage, jambon et œuf brouillé, on sent qu'ils connaissent le public ! Ensuite temps libre, pour ma part, cela sera 1h30 de lecture en plein soleil sur le pont du bateau avant que le soleil ne tape trop fort, livre de circonstance, l’esprit d’aventure (merci Karim), encore que la c'est plutôt le confort que la grande aventure. Séance lecture suivi de 30 min de PPG (préparation physique générale), pour ceux qui ne connaissent pas, en résumé, renforcement musculaire, séance que l'on peut faire en stage de triathlon, quand il fait vraiment trop moche dehors. Une douche et au casse croute. Il y a un peu de marge mais ce n'est pas non plus le resto, pas de choix, le menu est imposé et servi entre 12h30 et 13h30.



Ensuite, à peine le temps de faire une sieste, rédaction de ce que vous êtes en train de lire ou rédaction des cartes postales, mais aussi conférence sur la faune de la Patagonie, ou du parc de Torres del paine dans lequel nous allons bientôt tous nous retrouver. Attraction phare, proche du port de débarquement, nous avons donc tous le même guide de tourisme? 

Ceci nous amène donc vers la fin de l'après midi, l'heure de l'apéro pour discuter avec les passagers, les aventures passées et avenir, en anglais, puis en francais quand je sature et que je cède à la facilité. Notamment, un contact très sympa avec une famille française avec leur 2 enfants de 3ans, Sam et Chiara de 5ans, qui font le tour du monde après avoir vendu leur appartement à Paris, acheté une petite maison à 2h de paris, et mis le reste de l'argent de côté pour ce voyage de 10 mois. J'espère pouvoir les revoir à leur retour. Mirja et Alena, dont je n'avais pas pris les coordonnées à la sortie du bateau, mais que j'ai recroisé sur le parc après 4 jours ! Le contact est également toujours resté assez distant, mais je ne voulais pas être le pot de colle décrit précédemment et avoir finalement aussi envie d'être seul pour lire et écrire. D'autre contact sympa, d'autant que j'aurai l'occasion de les recroiser sur le sentier de randonnée du Torres del Paine, mais je n'aurai pas pris le contact de toutes ces personnes, car je sais par expérience qu'il sera difficile de garder le contact après plusieurs années, sauf rencontre dans nos pays d'origine. Il est vrai qu’il n'est pas non plus facile, à cause du manque d'aisance en anglais (je parle pour moi) pour les discutions plus abouties ou même lorsqu'en soirée les jeunes anglo-saxons font moins d'effort dans leur échange pour que l’on puissent les suivre.

Enfin, ces échanges se font bien entendus aussi pendant les repas, le diner est donc survie vers 20h, suivi de soirées organisées : karaoké, film, et pour finir bingo pour laquelle mes 2 jeunes allemandes sont toutes excitées, c'est peut être plutôt la soirée dance qui s'en suivait pour le dernier soir, mais malheureusement, pas avec une musique à notre goût.

Voici donc comment se passe la vie sur le bateau, nous avons en plus de tout cela la chance d'avoir un temps magnifique pendant les 4 jours, nous pouvons donc sortir à tout moment pour apprécier les paysages sauvages que nous traversons, notamment un glacier que nous approchons de très prêt, avec de belles couleurs bleutées.





Le seul village étape, Puerto Eden où je ne descendrais par car ils annoncent seulement 45min sur place.


Observer aussi les animaux, loups de mer, baleine de très loins, beaucoup d'oiseaux sans vraiment savoir lesquels sont-ils, même après une formation en salle! Là,  je regrette de ne pas avoir pensé aux jumelles!













Lundi 04 : Puerto Natales

Ce douzième jour est celui de l’arrivée à Puerto Natales, débarquement vers 17h, l'heure pour tous (enfin les moins organisées comme moi) de trouver un logement, direction donc le camping en plein centre ville, profitons en, il faut rentabiliser le portage de la tente! Mais nous n'oublions pas de nous donner un rendez vous, l'équipe de jeunes du bateau, pour boire un coup dans un bar le soir.
Néanmoins, pour cette fin d’après midi, ma préoccupation n’était pas vraiment à l’hébergement mais plutôt au programme des prochains jours : suivre une bonne partie du groupe qui risque de faire la même chose dans le parc (le circuit appelé W), ou suivre l’idée que j'ai depuis que j’ai vu le profil du circuit appelé "O" faisant le tour complet du massif montagneux, et le faire en trail ! Devant cette interrogation, et ne connaissant pas bien le terrain, je vais donc à la pêche aux infos auprès des agences qui organisent des excursions avec guides, 2 me disent que cela est faisable puisque le record est de 18h, mais qu’il faut réserver les hébergements en ville et non dans le parc, mais les bureaux sont fermés. J'attendrai donc le lendemain après midi pour me diriger vers le parc. Rassuré, je peux faire les courses pour les 5 jours à venir, en gardant en tête la possibilité de faire du trekking suivant la météo annoncée sur place. Après un diner rapide, je rejoints les autres pour confronter nos plans hébergements et randonnées, et j'annonce le mien, le "défit" est lancé autour de quelques bières!

Mardi 05 : Puerto Natales – Parc Torres del Paine
En route pour la logistique hébergement pour ce trail de 90km, direction donc l’agence qui gère les 2 refuges que je me donne pour objectif d’étape. La personne commence par me dire qu’il n’est pas possible de faire seul le circuit complet et que je ne suis pas non plus autorisé à courir! M’étant bien renseigné auparavant, je lui réponds que cela n'est peut être effectivement pas conseillé mais pas interdit. Les interdictions formelles étant de faire du feu, de sortir des chemins balisés et de se déplacer de nuit. Je lui propose donc mes 2 nuits d’étapes et nouvelle interrogation quant à la faisabilité. Elle finit par appeler l’administration du parc (CONAF) pour leur expliquer le projet, il finisse par me prendre au téléphone, pour que j’expose le projet, et ils finissent par accepter et je réserve donc les 2 jours en pensions complètes qui me permettront de ne pas avoir un sac trop gros, mais quand même 87 000 pesos chiliens + 18 000 pour l’entrée, pas donné les parcs au Chili !
Pour le reste de la journée, je n’ai plus qu’à prendre les 2 bus nécessaires pour arrivée au lieu de départ pour le nouveau plantage de tente.

Mercredi 06 : Camping Torres – Refuge Dickson
Je dépose donc mon gros sac en consigne au refuge voisin du camping, je serai léger pour 3 jours (cape de pluie, coupe vent pour courir, une tenue pour le soir au refuge, la nourriture pour la journée, 1,5 litre d’eau, couteau, appareil photo, frontale, couverture de survie, straping…).

09h30 : en route pour cette première. Le premier jour est le plus simple car celui avec le moins de dénivelé et pas trop long, 30km, cela peu d’ailleurs se faire en marchant sur une bonne journée. Les interrogations portent sur le type de chemin et la météo qui peut rapidement changer. Très beau temps pour ce premier jour, pas de problèmes rencontrés, les distances sont bonnes, les paysages font un peu penser aux Alpes ou a l'Ecosse, dans ce que je peux connaitre.
Peu de monde en revanche sur le parcours, je fais donc cette première étape sans réelle pause sauf pour les photos et grignoter de temps en temps et discuter avec 2 amies du bateau que je rattrape et que je retrouverai le soir au refuge Dickson.
J’y arrive donc en milieu d’après midi, en accélérant un peu car je commence à avoir faim. Le site est très sympa, une vaste prairie en bord de lac, avec au fond un glacier qui se jette dans le lac, les gardiens sont en cours de partie de foot, d’autres personnes travaillent sur les maisons.


 Le temps de manger et de prendre une douche au refuge, mes 2 amies américaines arrivent. C’est un plaisir de les retrouver, à 18 et 19 ans, partir pour plusieurs mois dans toute l Amérique du sud, je dis chapeau! Le système américain permet peut être plus ce genre de break ? Peu importe, encore faut il avoir la volonté de la faire. Nous sommes donc a priori 3 sur la centaine de personne du bateau à faire le circuit complet qui fait le tour du massif montagneux, enfin un peu de calme. Je me ballade donc autour du refuge pour quelques photos, et laisse mes 2 jeunes aventurières se reposer et monter leur tente. 

Vient l’heure de l’apéro, une bière à la main, cela facilite la prise de contact et la discussion avec le staff du refuge et l’autre couple qui est en pension complète ce jour la. Un couple d'américain, d'une cinquantaine d’année cette fois, qui sont en randonnée à cheval avec un guide. Puis, un couple de retraité anglais, complète la table. La soirée est très intéressante puisque le couple d’américain, surtout le monsieur d’origine polonaise, se montre très curieux, notamment sur le sujet de l’Europe et du refus des anglais d’intégrer l’EU. Nous parlons beaucoup des spécificités nationales, de ce qui nous rend différent. Je pense que c'est la caractéristiques des voyageurs : aimer connaitre et comprendre comment cela se passe ailleurs, voir au delà de sa frontière. Ce genre de discussion est d’autant plus riche que les personnes sont un peu âgées, et ont du recul sur les choses. Ce n’est pas pour rien que la plupart des témoignages forts dans le DVD de Yann-Arthus BERTRAND, 6 milliards d’autres, ont souvent plus de 40 ans.
D’autres parts, ils se trouvent qu’ils parlent aussi plus lentement ! Car je parviens à suivre 80% du débat mais non sans mal.
Nous nous quittons donc sur ces échanges intéressants.

Jeudi 07 : Refuge Dickson – Refuge Grey
Le 2eme jour de trail commence par la pluie ! Après le petit déjeuné, les 2 aventurières prennent de l’avance. En ce qui me concerne, j’attends un peu avant le départ, car la veille, le début de journée en pleine digestion avait été un peu dur. Cela laisse le temps d'un traditionnel (mais pas systématique) échange de coordonnées avec le couple américain. Je quitte donc le refuge vers 10h30, il pleut toujours, rien ne sert d’attendre plus longtemps. L’appareil photo ne sortira pas beaucoup ce matin là, jusqu’au passage du col !
Le prochain camping rejoint après 1h30 de course ne possède pas de salle chauffée, et pourtant, j’ai bien froid. Une nouvelle occasion pour constater que la Conaf, n’est vraiment pas au top : le campement n'a aucunes infos sur la météo au passage du col qui suit à 1200m d’altitude, où il neige. Y a t il beaucoup de neige ? Le chemin est-il visible? Comme les gardiens, je me contente des infos des personnes qui descendent: 5cm pas plus et le chemin est bien visible.
Pas question de dormir là de toute façon, je poursuis donc avant de finir en glaçon, keep going until the passage John Gardner. Il est annoncé 4h de marche avant le prochain camping, comme ca monte, je pense pouvoir le faire en 3 heures, car je ne pourrai accélérer que dans la descente. M'étant préparé psychologiquement à ce que cela soit long, le col arrive assez rapidement finalement, avec un petit sac, je suis quand même plus a l'aise qu’avec un sac de 15-20kg. Passage du col dans les nuages,






mais 100m plus bas, le ciel se dégage et apparaît le glacier Grey... moment indescriptible, waouuu !!!
Surement le plus beau paysage jamais vu depuis mes 27 dernières années, et il sera difficile de faire mieux ! Les circonstances de la découverte de ce glacier, après une matinée sous la pluie et la neige, l’incertitude sur ce passage réputé pour subir des conditions climatiques extrêmes, la marque du milieu du trail... Toutes ces raisons font de ce moment, un souvenir formidable, à tel point que la journée de mauvais temps du lendemain et la mauvaise visibilité des « Tours », le surlendemain, n'entamera pas le moral.
Je prends donc beaucoup de temps pour faire des photos, bien que je sois en cape de pluie et qu’il fasse quand même bien froid.
La descente pour le refuge du soir se fait en longeant ce glacier, j’ye serai vers 18h. 



Grande différence avec le refuge de la veille, refuge Grey, on peut dire que c'est l'usine. Je profite du beau temps qui persiste pour aller déguster une bière de récupération au bord du lac Grey et des icebergs qui dérivent après s'être détachés du glacier. Que du bonheur...




Repas correct, je m’assoie au hasard à une table, il faut que je tombe sur des français, également pour un mois au chili. Encore une soirée que je ne passerai pas seul!

Vendredi 08 : Refuge Grey – Camping Las Torres
Le dernier jour est plus long mais avec moins de dénivelé, pas de soucis donc sur cette "autoroute" que forme la partie sud du circuit, sauf la pluie qui n'est pas intense mais présente toute la journée. Je dois m’arrêter vers 14h30 pour la pause déjeuner et surtout car j’ai les pieds trempés, je vais donc essayer de sécher pendant 1 heure dans le seul refuge de la journée, pour finir les 11km qu’il me reste. Je passe donc à côté de la vallée des français, petit regret de ne pas avoir le temps d’y aller, mais de toute façon le temps ne m’aurait pas permis de voir grand chose. Après avoir liquidé ma lunch box et pris un chocolat chaud, je repars, objectif être dans 2 heures au camping!

Contrat rempli, je récupère mon sac au refuge du premier jour, après avoir accéléré le rythme pendant la dernière demi heure du parcours, très content d’avoir bouclé ce parcours, sans blessure. Je double d’ailleurs un joggeur de l’hôtel plus luxueux, voisin du camping, puis une petite photo souvenir sur un des derniers ponts du parcours.
En revanche, petite déception de ne pouvoir partager cette fin d’aventure avec d’autre. Je mange donc seul ma ration de pâte, en pensant à la suite du programme. Il me manque une vallée, depuis laquelle il est possible d’observer les 3 "tours" qui font le symbole de ce parc et qui lui donne son nom. Je décide donc de poursuivre le lendemain, n’ayant pas de douleur et du temps devant moi.

Samedi 09 : Camping Las Torres – Puerto Natales
C'est reparti pour une journée de grimpette, 700m de dénivelé pour atteindre la base des tours et le lac. Départ assez tardif car j’ai remarqué qu'en ce moment le temps se lève tardivement. Pas de course pour ce matin mais une marche rapide, et je retrouve à mi chemin, comme cela devait se produire à un moment ou l’autre, Mirja et Alena, les 2 amies allemandes du bateau Navimag, qui faisaient le petit tour mais dans l’autre sens. Je croiserai aussi toute la journée plusieurs groupes du bateau, assez amusant de se revoir plusieurs jours plus tard : "so, you made it? Crazy runner? How it was?’’


Je poursuis donc la montée et arrive au lac vers 13h, malheureusement et c'était prévisible, le temps est bouché, d’autres personnes arrivées avant disent que cela s’améliore de minutes en minutes. Mais il fait froid et même avec la cape de pluie et une veste chaude, je ne pense pas tenir plus d’une heure. Nous avons le droit à quelques trouées mais rien de plus, les campeurs voisins auront plus de chance vers 19h le soir! 


C'est la nature qui décide, on ne peut pas avoir de la chance tous les jours, j’estime que j'en ai déjà eu beaucoup depuis le début du séjour. La descente sera plus difficile, première partie très rapide (peu être trop), car je finis par sentir une douleur à la cheville, je ralentis donc sur la fin, le séjour n’est pas fini !
Les bus de retour vers puerto natales sont à 14h30 et 20h, je décide donc de rentrer le jour même dans la ville d’arrivée du bateau.
Sur le chemin du retour, en bus, nous avons la chance d’observer un puma, à quelques mètres, visiblement pas si peureux, comme nous le disaient tous les chiliens. Beaucoup de gardiens du parc n'ont pas eu la chance d'en voir. L'annonce de l’info a d'ailleurs déclenché un mouvement immédiat vers les fenêtres comme si il y avait un lion à observer. Un bel événement pour finir cette visite du parc!

vendredi 22 mars 2013

Semaine 1 : Puerto Montt – Puerto Montt (8jours)



Jeudi 21 février : Puerto Montt
Avec pour seule réservation, le billet d’avion, me voici arrivé à PM, il me reste donc à trouver un lieu où dormir. Mon premier contact sera une adresse du routard mais celle ci étant complète, le jeune homme me dirige gentiment vers une maison voisine, encore moins chère. Je le serai que plus tard, mais je suis en fait dans un quartier un peu chaud de la ville ! Mais la maison est très correcte pour le prix 7000 pesos (1euro représente environ 650 pesos en). Bagages posés, je peux enfin commencer à penser à la planification de ce mois de vacances, dont les contours avaient quand même été ébauchés auparavant par la traditionnelle lecture du guide du routard, étude suivant ou
précédent l'achat du billet d'avion. Premier réflexe, direction l'office du tourisme (météo locale,
conseil de visite locale, mais finalement peu d'activités à PM, par contre sur l'ile de Chiloé, faisant partie des destinations en vue, à lieu la fiesta de la luna, grand rassemblement des jeunes chiliens, cela sera donc ma première destination, facile !



Vendredi 22 : PM – Cucao
Départ donc en bus pour Chiloé vendredi matin.
Passage dans les villes les plus importants de l’île pour voir notamment les églises en bois peint, par lesquelles elle connue, en plus de ses maisons de pêcheurs sur pilotis et sa forte pluviométrie !





Le trajet en bus de 3h est évidemment le moment pour parler avec son voisin ou plutôt sa voisine et ses amies, et suivre leur conseil de camping, moi qui pensait aller camper tranquille dans un parc national, loupé ! Occasion pour échanger sur la vie au Chili. Par exemple, une des choses étonnantes, parmi les 5 jeunes avec qui je campe, étudiants ou travailleurs, aucuns d’entre eux ne pratique d’activités extra pro ou extra scolaire (ni musique, ni sport…), peut-être là une exception! Première soirée vendredi, avec déjà beaucoup de monde dans le camping voisin, discussion au bord du lac au clair de lune et un ciel d'une belle clarté.


Samedi 23 : Cucao – refuge Cole cole - Cucao
Je décide de faire faux bon à mes ami(e)s chiliens vers midi pour aller visiter le parc national de l’ile de Chiloé. L'objectif sera un refuge situé à environ 20km, "cole cole", ne connaissant pas le terrain, je verrai si j’ai le temps d’aller jusqu'au refuge. Toute la première partie, 10km, est assez difficile car sur une plage mais avec le vent dans le dos.



Puis la suite beaucoup plus intéressante car la côte devient rocheuse, occasion pour prendre de premières belles photos et ne voyant pas le temps passé, j'arrive finalement au refuge attendu dans une belle petite crique.


Objectif atteint, sans trop de mal, une bonne pause photo et casse croûte, puis il faut repartir dans l'autre sens. Final difficile car vent de face sur la plage de 10km! Arrivé vers 18h, mes amis chiliens ne me croyant pas, je suis obligé de sortir les photos du panneau du refuge! 



Je viens donc de tester un mode de découverte qui me plait bien, le trail avec un sac léger permet de faire en une journée ce qu'aurait demandé 2 jours de marche. Tout en prenant comme même le temps de faire des photos, profiter du calme. Je finirai la journée par un petit bain dans le lac à côté du camping dans l’eau est vraiment bonne, je m’attendais à plus froid.


S'en suit un bon repas cuisiné par mes amis chiliens, puis une petite fête autour d'un feu, la spécialité locale, jusqu’à 1h. Dernière soirée en cette bonne compagnie, puisque le lendemain je poursuis ma route vers le Nord, avec regret. Je manque donc la fiesta de la luna!



Dimanche 24 : Cucao – entre lagos:
Cette journée commence par mes au revoir à Cynthia (*2!), Felipe, Natalia, Pauli, première belle rencontre fruit du hasard.
Une journée de transit puisque je prendrai successivement 4 bus, et encore, je manque le dernier en fin de journée, ce qui me fait faire un stop à Entre Lagos, dans un petit camping en bord de lac. Me voyant seul, le gérant du camping m'invite pour le traditionnel thé ou maté time, dont je n'ai pas encore compris l'heure exacte, il est en effet 20h! Nouveau moment d'échange, nouvelle occasion pour voir que les chiliens en connaissent "beaucoup" sur la France, en tout cas plus que nous sur le Chili, cela me rappelle la Finlande.


Lundi 25 : Entre lagos – Agua caliente
Début de journée par la petite portion de bus qu'il me manquait pour atteindre Agua Calientes.
Première prise de renseignements auprès de la Conaf (organisme gérant tous les parcs nationaux) pour connaitre les chemins, car je ne l'ai pas précisé mais les chiliens ne sont pas fans des cartes de randonnée, la transmission des informations est principalement orale, ce qui n'était pas pour me rassurer sur mes trajets car en cas de perte de chemin, les possibilités de retrouver sa route sont réduites. Infos recueillies, camping trouvé après négociation sur le tarif (1500 pesos/pers à Cucao, on passe à 12000 ici, puis après nego, 6000!, va comprendre...), je peux reprendre ma programmation pour le reste de la journée et le lendemain. Mon choix se tourne donc vers le volcan Casablanca à 20k toujours. Départ à 14h, par une route en remblai concassé de 18km.



Arrivée au pied du volcan environ 2 heures plus tard, l'heure de faire un choix: poursuivre vers le sommet ou faire demi tour. Prise de renseignement auprès du restaurant du site: 2h de marche possible, ou couper à travers la pente, l'option 2 me plait mieux, je fais donc mon chemin vers un point que je pense être le sommet, qui ne l'ai pas exactement mais ca sera déjà bien. Une heure plus tard, l'effort en valait la peine, première ascension au Chili, le petit sommet autour de 2000 mètres domine le cratère situé en contre bas, la vue est également superbe sur les sommets plus lointains de la cordillère des Andes.


Le dilemme suivant, poursuivre par le sommet voisin pour y voir le couché du soleil, mais le problème est qu'il reste derrière 2h minimum et donc de nuit, pour rentrer au camping, je suis donc prudent, je redescends. Et comment! Je mets mes jambières de vélo à l'envers (que j’avais acheté juste avant de partir pour le froid) pour fermer le coup de pied et empêcher que des petites pierres rentrent dans les chaussures (c'est le problème des chaussures de trail, que j'ai préféré aux grosses chaussures de rando, en plus de ne pas avoir la cheville maintenue).


Je prends un très très grand pied à descendre le flanc du volcan en glissant sur la pouzzolane. D'ailleurs, les oreilles n'ont pas suivies, petit problème de d'équilibre au niveau des tympans. Il reste maintenant les 18km de chemin : j'arrive donc à 20h30 juste à la tombée de la nuit, après une 2ème très belle journée de trail, les pâtes sont alors les meilleurs du monde, et la nuit sera par contre très fraiche et humide! Repos bien mérité !



Mardi 26 : Agua Calientes – Volcan Puyehue - Agua Calientes
Le début de journée est consacré à un peu de farniente dans les « termes » d’Agua Calientes (ou plutôt un bassin d’eau chaude), le site est connu pour les résurgences d'eau chaude, sortant du sol à 70 degrés et donc refroidie pour pouvoir l'exploiter dans les différentes piscines des thermes. J'y suis donc dès l'ouverture (sous la tente on suit le soleil et pas la montre, nous sommes 5 dans le bassin! Vapeur s'échappant du bassin, la rivière passant juste derrière... 30min pas plus, pas trop bon d'y rester longtemps.


Objectif du jour, un deuxième volcan : Puyehue, celui-là à 30km du camping, un peu long pour un aller retour, je choisi donc l'option aller en bus et retour en courant.
Préparation du matériel : pique nique pour 14h avant de commencer le trail, bâton télescopique, nécessaire de pluie et froid en cas de changement de temps, rechange de t-shirt et chaussette, et du bon chocolat, on oublie les power bar à 3 euros l'unité et en route. Je commence par louper le bus, 1h d'attente, je les mets à profit pour le checking mail car les thermes voisins ont le wifi. Bus pris, il reste un tronçon à faire en stop, pas évident, je suis en bout de "ligne" la frontière est à quelques kilomètres. Mais tout arrive, je monte à l'arrière d'un vieux pickup, en chemin, j'essaye de prendre des points de repère visuel car vue l'heure, le retour se fera de nuit, mai c'était prévu! J'arrive donc à un point d'information du parc visé, prise de renseignement: météo prévue, temps de parcours à pied, droit d'entrée...
Itinéraire du parcours : 2km de route, 8km d'ascension prévue en 3h de marche pour atteindre le refuge à mi pente du volcan, je compte 2h. Pour la suite cela dépendra de la forme et de la météo. Départ à 15h, objectif atteint comme prévu à 17h30, mais le chemin est vraiment très technique.

 l'objectif au loin


J'avais en tête de poursuivre l'ascension en fin d'après midi, mais la descente technique de nuit m'inquiète un peu, je me repose donc 45min, fait le plein d'eau dans un mini cratère dans lequel je n'ai pas trop confiance mais des tchèques présents depuis quelque jours me confirment qu'ils l'ont bu sans problème avec un traitement qui va vient. Il doit être autour de 18h30, des nuages arrivent pas de regret donc, j'attaque la descente. Une petite heure, pas de coucher du soleil en altitude pour aujourd'hui non plus, reste à faire les 20km de route qui me séparent du camping, je garde la solution du stop en cas de pépin physique. Sans doute un peu plus de 2h de course et de marche, à la frontale pour la dernière heure. Les derniers kilomètres ont paru vraiment très longs, surtout que je ne vois pas arriver le carrefour qui m'indique qu'il me restera 4km de montée pour rallier le village. J'avais heureusement prévu un bon stock de nourriture, pour tenir tard dans la soirée... mais tout arrive comme précédemment, pas mécontent. Évidement, plus d'eau chaude aux douches du camping (vous allez me dire il reste l’eau chaude naturelle)!!!. Une nouvelle "plâtrée" de pâtes et au lit , ou plutôt au sac!

Mercredi 27 : Agua Calientes - Ensenada
Cette journée sera une nouvelle journée de repos et transition entre Agua calientes et Ensenada (environ, le lieu n'est pas encore définit). On n'oublie pas le détour au supermarché pour le plein de vivre pour les 2 jours à venir, lecture des cartes et du routard dans le bus pour choisir le prochain point de chute. Passage par Puerto Varas, station balnéaire du coin, on se croirait sur les bords du lac Léman, surtout avec toujours ce soleil radieux. Je décide donc de descendre à Ensenada, où je pense trouver un bureau des guides de la Conaf, mais erreur, décidément j'ai bien du mal à les trouver ces bureaux... Le site n'est pas idéal, j’hésite à poursuivre plus, le stop ne fonctionnant pas, je reste. Choix du camping, 1ère proposition 12 000pesos, un autre plus loin certes moins bien équipé mais à 3000pesos. En bord de lac avec plage, donc je valide.
Ouf, c'est aussi fatiguant que de courir les transits. Tente plantée, je vais tester l'eau, toujours aussi bonne, petite longueur au pied du volcan Osorno, au coucher du soleil.





Que faire demain? Cela trotte déjà dans ma tête depuis le début d’après midi, j'irai bien voir le lever du soleil depuis le volcan Osorno (enfin, à mi chemin)! 15km d'ascension par une route permettent d’atteindre le pied de la station de ski du volcan. Pour varier les plaisir, je me mets en quête d'une location de vtt  pour le lendemain, le 2eme essai sera le bon, 21h30, je signe le "contrat" pour la location et récupère le vélo!

Jeudi 28: Ensenada – Osorno – Lac Todo los santos - Ensenada
Levé 5h30, d'après mes calculs, il me faudra 2h pour faire les 15km de nuit avec un pourcentage important. La sensation de faire du vélo au clair de lune à cette heure est assez particulière, pas très rassurante j'avoue. Je crois que je ne suis pas vraiment bien dans ma tête pour faire des trucs pareils! Mais la récompense est toujours à la hauteur, bien que le côté par lequel la route monte n'est pas le meilleur, le spectacle est quand même au rendez vous : sur le lac de Puyehue, sur le sommet du volcan enneigé, sur la vallée par laquelle je passerai ensuite, sur le sol noir et la végétation rase des pentes du volcan. 




Le plus "dure" s'est aussi la gestion des couches de vêtements pour qu'il en reste suffisamment à l'arrivée pour me réchauffer, car rien n'est ouvert à 8h, à 1500m d'altitude. Je trouve quand même un bûcher un peu plus "chaud" et à l’abri du vent. C'est l'heure du petit déj, en attendant l'ouverture du resto pour une boisson chaude. Vers 9h, je toque à la porte du bureau de la Conaf pour les informations sur la suite possible ou non de l'ascension, réponse d’Ivan: accès fermé pour cause de glaces instables, seule une montée de 1h est possible, cela me plait moyen!
D'autre part, Ivan me conseille donc d'aller voir "el nidor

Je me présente donc de la part d Ivan et demande Victor, le chef cuisto du resto, mais il dort ! On me fait gentiment un bon chocolat chaud après avoir expliqué mon ascension matinale. Je resterai en fait 1h pour discuter surtout avec un ami de passage, professeur d'histoire, un peu philosophe. Il m'explique l'origine du nom de toutes les tables du restaurant, qui possède chacune une sculpture. Le nom de la première venue était justement la plus proche du sens de notre discussion : sur les voyages, le détachement de la vie matérielle lors des marches. La table s'appelle donc « el pensador », personnage dépourvu de trippes, symbolisant sa focalisation sur ces pensées.



Je descends ensuite en cuisine, Victor entre temps s'est levé et a commencé la préparation du repas du midi et de quelques encas pour son équipe en cuisine. Il tient à me faire goûter ses préparations en cours, encore un petit cadeau que j'apprécie et qui me sera bien utile pour la suite de la journée, il n'est que 10h30 finalement. Après échange de contact, je reprends ma route pour 2 autres sites mentionnés au routard. 
1h de vtt pour atteindre le premier, par un chemin plutôt technique, "el pioniero", cela change de la route du matin. Direction donc el salto de Petrohue. Oui c'est impressionnant mais trop touristique à mon goût et qui plus est, à 12h, très mal ensoleillé.


Courte étape et direction le lieu du pique nique, le lac todos de los santos, pour le coup, lui effectivement d'une couleur magnifique, avec un village assez sympa , même si on ressent quand même fortement l'empreinte du tourisme. Une croisière sur ce lac était possible mais malheureusement pas le temps, il faut faire des choix.

Juste une idée des couloirs de boue qui doivent dévaler les pentes du volcan en cas de forte pluie, vraiment impressionnant là pour le coup, même si sans repère visuelle de taille, difficile à comprendre.


Après le pique nique, toujours bien venu, il reste 12km de descente vers le camping, et s'en sera fini de la semaine sportive autour de PM. 

Je replis donc la tente et me fait ma petite lessive rapido (et oui, c'est simple en fait la vie, on a juste besoin de manger, de dormir, de se laver, de se chauffer et d'apprendre des choses pour nourrir notre petite cervelle), rien de plus.
Mes voisins de camping (un couple alemano-philipin avec un bébé de 6 mois) me propose de me déposer à PM, étonnant c'est justement là que je vais. Le jeune homme est donc sur une base de recherche à Hornopiren : recherche biologique pour son cas, sur les conséquences des développements très rapide des fermes aquacoles,  et de l'utilisation de tous les produits qui y sont employés, nourriture, médicaments car les poissons ne sont pas résistants naturellement... bref, ce n'est pas aussi beaux et propres qu'on pourrait le penser. Je fais quelques courses avec eux, puis il me lâche à PM comme prévu.
Je retrouve la famille qui m'avait hébergée la première nuit ! Et retour aussi au bar voisin pour le dîner  Je n'ai toujours pas goûté à la bonne viande chilienne, je répare donc cette erreur, et s'était effectivement de la très bonne viande.
Lors du repas, je remarque un drapeau breton au dessus du comptoir, je demande donc au serveur pourquoi ce drapeau ici, il me répond, surement une équipe de football locale ! Je lui explique que sans doute que non, puisque c'est le drapeau de ma région d'origine. Smile évidemment! Il rectifie le tir et me donne donc la bonne version: la femme du gérant est bretonne (en réalité normande!). Le repas se finira donc au comptoir à déguster différents vins de production maison, le temps de comprendre qu'ils sont de retour au chili après avoir géré pendant 8 ans, la superette du centre-ville de Lanvaudan, à 15km d'où je suis né pour ceux qui ne connaissent pas ce haut lieu du tourisme breton (joke). Voilà de quoi finir de belles manières cette première semaine au Chili, en résumé assez sportive et riche en rencontre. Demain départ en bateau...