lundi 25 mars 2013

2ème semaine : Puerto Montt à Puerto Natales


4 jours de « croisière »

 Départ prévu à 14h, mais checking in jusqu'à 11h, cela laisse le temps de visiter le port de PM et le marché où je profite pour acheter d'énorme moules, mais malheureusement rien ne vaut les moules de bouchots, je ne les finirai pas! Beaucoup d'autres produits qui font envie, cependant après les propos du scientifique allemand, cela ne me parait plus très naturel tout ca! 

Retour à l'embarquement, histoire de repérer la population et faire des statistiques : beaucoup de français 20%, beaucoup d’anglo-saxon (anglais, australien, américain) 50%, beaucoup d’allemand également 20%, et donc très peu de chilien, je vais donc faire un break en langue espagnol pour du 70% anglais et 30% français, j’essayerai effectivement dans un premier temps de ne pas aller vers les groupes de français. Sur les bancs d'attente dans le hall, je me fais un premier contact avec 2 allemandes, Mirja et Alena.



 Le bateau ne part qu'à 16h, peut-être à cause des marées, nous avons donc un moment pour nous installer et prendre nos marques bien que le bateau ne soit pas très vaste (pas un bateau de croisière mais un bateau qui faisait auparavant la traversée entre les Pays Bas et l’Angleterre).
2eme occasion pour nouer un contact évident : mes voisins de dortoir, Richard et Andrew, 2 anglais pour 4 mois en Amérique du sud. Je réalise de plus en plus que beaucoup de personnes choisissent l’Amérique du sud pour un break : de grands paysages, une culture proche des pays d’Europe, une facilité de logement pour backpakers,  une population très accueillante. Le contact avec ces anglais est assez distant dans un premier temps, ce que je préfère, j'ai déjà eu l’expérience dans des auberges de jeunesse d’une personne qui te suit partout pendant plusieurs jours, je voudrais donc éviter cela ici !



Un petit résumé donc d'une journée à bord: levé vers 8h00 ou un peu avant si on espère pouvoir prendre des photos du levé du soleil, petit déjeuner entre 8 et 9h, (classique mais quand même fromage, jambon et œuf brouillé, on sent qu'ils connaissent le public ! Ensuite temps libre, pour ma part, cela sera 1h30 de lecture en plein soleil sur le pont du bateau avant que le soleil ne tape trop fort, livre de circonstance, l’esprit d’aventure (merci Karim), encore que la c'est plutôt le confort que la grande aventure. Séance lecture suivi de 30 min de PPG (préparation physique générale), pour ceux qui ne connaissent pas, en résumé, renforcement musculaire, séance que l'on peut faire en stage de triathlon, quand il fait vraiment trop moche dehors. Une douche et au casse croute. Il y a un peu de marge mais ce n'est pas non plus le resto, pas de choix, le menu est imposé et servi entre 12h30 et 13h30.



Ensuite, à peine le temps de faire une sieste, rédaction de ce que vous êtes en train de lire ou rédaction des cartes postales, mais aussi conférence sur la faune de la Patagonie, ou du parc de Torres del paine dans lequel nous allons bientôt tous nous retrouver. Attraction phare, proche du port de débarquement, nous avons donc tous le même guide de tourisme? 

Ceci nous amène donc vers la fin de l'après midi, l'heure de l'apéro pour discuter avec les passagers, les aventures passées et avenir, en anglais, puis en francais quand je sature et que je cède à la facilité. Notamment, un contact très sympa avec une famille française avec leur 2 enfants de 3ans, Sam et Chiara de 5ans, qui font le tour du monde après avoir vendu leur appartement à Paris, acheté une petite maison à 2h de paris, et mis le reste de l'argent de côté pour ce voyage de 10 mois. J'espère pouvoir les revoir à leur retour. Mirja et Alena, dont je n'avais pas pris les coordonnées à la sortie du bateau, mais que j'ai recroisé sur le parc après 4 jours ! Le contact est également toujours resté assez distant, mais je ne voulais pas être le pot de colle décrit précédemment et avoir finalement aussi envie d'être seul pour lire et écrire. D'autre contact sympa, d'autant que j'aurai l'occasion de les recroiser sur le sentier de randonnée du Torres del Paine, mais je n'aurai pas pris le contact de toutes ces personnes, car je sais par expérience qu'il sera difficile de garder le contact après plusieurs années, sauf rencontre dans nos pays d'origine. Il est vrai qu’il n'est pas non plus facile, à cause du manque d'aisance en anglais (je parle pour moi) pour les discutions plus abouties ou même lorsqu'en soirée les jeunes anglo-saxons font moins d'effort dans leur échange pour que l’on puissent les suivre.

Enfin, ces échanges se font bien entendus aussi pendant les repas, le diner est donc survie vers 20h, suivi de soirées organisées : karaoké, film, et pour finir bingo pour laquelle mes 2 jeunes allemandes sont toutes excitées, c'est peut être plutôt la soirée dance qui s'en suivait pour le dernier soir, mais malheureusement, pas avec une musique à notre goût.

Voici donc comment se passe la vie sur le bateau, nous avons en plus de tout cela la chance d'avoir un temps magnifique pendant les 4 jours, nous pouvons donc sortir à tout moment pour apprécier les paysages sauvages que nous traversons, notamment un glacier que nous approchons de très prêt, avec de belles couleurs bleutées.





Le seul village étape, Puerto Eden où je ne descendrais par car ils annoncent seulement 45min sur place.


Observer aussi les animaux, loups de mer, baleine de très loins, beaucoup d'oiseaux sans vraiment savoir lesquels sont-ils, même après une formation en salle! Là,  je regrette de ne pas avoir pensé aux jumelles!













Lundi 04 : Puerto Natales

Ce douzième jour est celui de l’arrivée à Puerto Natales, débarquement vers 17h, l'heure pour tous (enfin les moins organisées comme moi) de trouver un logement, direction donc le camping en plein centre ville, profitons en, il faut rentabiliser le portage de la tente! Mais nous n'oublions pas de nous donner un rendez vous, l'équipe de jeunes du bateau, pour boire un coup dans un bar le soir.
Néanmoins, pour cette fin d’après midi, ma préoccupation n’était pas vraiment à l’hébergement mais plutôt au programme des prochains jours : suivre une bonne partie du groupe qui risque de faire la même chose dans le parc (le circuit appelé W), ou suivre l’idée que j'ai depuis que j’ai vu le profil du circuit appelé "O" faisant le tour complet du massif montagneux, et le faire en trail ! Devant cette interrogation, et ne connaissant pas bien le terrain, je vais donc à la pêche aux infos auprès des agences qui organisent des excursions avec guides, 2 me disent que cela est faisable puisque le record est de 18h, mais qu’il faut réserver les hébergements en ville et non dans le parc, mais les bureaux sont fermés. J'attendrai donc le lendemain après midi pour me diriger vers le parc. Rassuré, je peux faire les courses pour les 5 jours à venir, en gardant en tête la possibilité de faire du trekking suivant la météo annoncée sur place. Après un diner rapide, je rejoints les autres pour confronter nos plans hébergements et randonnées, et j'annonce le mien, le "défit" est lancé autour de quelques bières!

Mardi 05 : Puerto Natales – Parc Torres del Paine
En route pour la logistique hébergement pour ce trail de 90km, direction donc l’agence qui gère les 2 refuges que je me donne pour objectif d’étape. La personne commence par me dire qu’il n’est pas possible de faire seul le circuit complet et que je ne suis pas non plus autorisé à courir! M’étant bien renseigné auparavant, je lui réponds que cela n'est peut être effectivement pas conseillé mais pas interdit. Les interdictions formelles étant de faire du feu, de sortir des chemins balisés et de se déplacer de nuit. Je lui propose donc mes 2 nuits d’étapes et nouvelle interrogation quant à la faisabilité. Elle finit par appeler l’administration du parc (CONAF) pour leur expliquer le projet, il finisse par me prendre au téléphone, pour que j’expose le projet, et ils finissent par accepter et je réserve donc les 2 jours en pensions complètes qui me permettront de ne pas avoir un sac trop gros, mais quand même 87 000 pesos chiliens + 18 000 pour l’entrée, pas donné les parcs au Chili !
Pour le reste de la journée, je n’ai plus qu’à prendre les 2 bus nécessaires pour arrivée au lieu de départ pour le nouveau plantage de tente.

Mercredi 06 : Camping Torres – Refuge Dickson
Je dépose donc mon gros sac en consigne au refuge voisin du camping, je serai léger pour 3 jours (cape de pluie, coupe vent pour courir, une tenue pour le soir au refuge, la nourriture pour la journée, 1,5 litre d’eau, couteau, appareil photo, frontale, couverture de survie, straping…).

09h30 : en route pour cette première. Le premier jour est le plus simple car celui avec le moins de dénivelé et pas trop long, 30km, cela peu d’ailleurs se faire en marchant sur une bonne journée. Les interrogations portent sur le type de chemin et la météo qui peut rapidement changer. Très beau temps pour ce premier jour, pas de problèmes rencontrés, les distances sont bonnes, les paysages font un peu penser aux Alpes ou a l'Ecosse, dans ce que je peux connaitre.
Peu de monde en revanche sur le parcours, je fais donc cette première étape sans réelle pause sauf pour les photos et grignoter de temps en temps et discuter avec 2 amies du bateau que je rattrape et que je retrouverai le soir au refuge Dickson.
J’y arrive donc en milieu d’après midi, en accélérant un peu car je commence à avoir faim. Le site est très sympa, une vaste prairie en bord de lac, avec au fond un glacier qui se jette dans le lac, les gardiens sont en cours de partie de foot, d’autres personnes travaillent sur les maisons.


 Le temps de manger et de prendre une douche au refuge, mes 2 amies américaines arrivent. C’est un plaisir de les retrouver, à 18 et 19 ans, partir pour plusieurs mois dans toute l Amérique du sud, je dis chapeau! Le système américain permet peut être plus ce genre de break ? Peu importe, encore faut il avoir la volonté de la faire. Nous sommes donc a priori 3 sur la centaine de personne du bateau à faire le circuit complet qui fait le tour du massif montagneux, enfin un peu de calme. Je me ballade donc autour du refuge pour quelques photos, et laisse mes 2 jeunes aventurières se reposer et monter leur tente. 

Vient l’heure de l’apéro, une bière à la main, cela facilite la prise de contact et la discussion avec le staff du refuge et l’autre couple qui est en pension complète ce jour la. Un couple d'américain, d'une cinquantaine d’année cette fois, qui sont en randonnée à cheval avec un guide. Puis, un couple de retraité anglais, complète la table. La soirée est très intéressante puisque le couple d’américain, surtout le monsieur d’origine polonaise, se montre très curieux, notamment sur le sujet de l’Europe et du refus des anglais d’intégrer l’EU. Nous parlons beaucoup des spécificités nationales, de ce qui nous rend différent. Je pense que c'est la caractéristiques des voyageurs : aimer connaitre et comprendre comment cela se passe ailleurs, voir au delà de sa frontière. Ce genre de discussion est d’autant plus riche que les personnes sont un peu âgées, et ont du recul sur les choses. Ce n’est pas pour rien que la plupart des témoignages forts dans le DVD de Yann-Arthus BERTRAND, 6 milliards d’autres, ont souvent plus de 40 ans.
D’autres parts, ils se trouvent qu’ils parlent aussi plus lentement ! Car je parviens à suivre 80% du débat mais non sans mal.
Nous nous quittons donc sur ces échanges intéressants.

Jeudi 07 : Refuge Dickson – Refuge Grey
Le 2eme jour de trail commence par la pluie ! Après le petit déjeuné, les 2 aventurières prennent de l’avance. En ce qui me concerne, j’attends un peu avant le départ, car la veille, le début de journée en pleine digestion avait été un peu dur. Cela laisse le temps d'un traditionnel (mais pas systématique) échange de coordonnées avec le couple américain. Je quitte donc le refuge vers 10h30, il pleut toujours, rien ne sert d’attendre plus longtemps. L’appareil photo ne sortira pas beaucoup ce matin là, jusqu’au passage du col !
Le prochain camping rejoint après 1h30 de course ne possède pas de salle chauffée, et pourtant, j’ai bien froid. Une nouvelle occasion pour constater que la Conaf, n’est vraiment pas au top : le campement n'a aucunes infos sur la météo au passage du col qui suit à 1200m d’altitude, où il neige. Y a t il beaucoup de neige ? Le chemin est-il visible? Comme les gardiens, je me contente des infos des personnes qui descendent: 5cm pas plus et le chemin est bien visible.
Pas question de dormir là de toute façon, je poursuis donc avant de finir en glaçon, keep going until the passage John Gardner. Il est annoncé 4h de marche avant le prochain camping, comme ca monte, je pense pouvoir le faire en 3 heures, car je ne pourrai accélérer que dans la descente. M'étant préparé psychologiquement à ce que cela soit long, le col arrive assez rapidement finalement, avec un petit sac, je suis quand même plus a l'aise qu’avec un sac de 15-20kg. Passage du col dans les nuages,






mais 100m plus bas, le ciel se dégage et apparaît le glacier Grey... moment indescriptible, waouuu !!!
Surement le plus beau paysage jamais vu depuis mes 27 dernières années, et il sera difficile de faire mieux ! Les circonstances de la découverte de ce glacier, après une matinée sous la pluie et la neige, l’incertitude sur ce passage réputé pour subir des conditions climatiques extrêmes, la marque du milieu du trail... Toutes ces raisons font de ce moment, un souvenir formidable, à tel point que la journée de mauvais temps du lendemain et la mauvaise visibilité des « Tours », le surlendemain, n'entamera pas le moral.
Je prends donc beaucoup de temps pour faire des photos, bien que je sois en cape de pluie et qu’il fasse quand même bien froid.
La descente pour le refuge du soir se fait en longeant ce glacier, j’ye serai vers 18h. 



Grande différence avec le refuge de la veille, refuge Grey, on peut dire que c'est l'usine. Je profite du beau temps qui persiste pour aller déguster une bière de récupération au bord du lac Grey et des icebergs qui dérivent après s'être détachés du glacier. Que du bonheur...




Repas correct, je m’assoie au hasard à une table, il faut que je tombe sur des français, également pour un mois au chili. Encore une soirée que je ne passerai pas seul!

Vendredi 08 : Refuge Grey – Camping Las Torres
Le dernier jour est plus long mais avec moins de dénivelé, pas de soucis donc sur cette "autoroute" que forme la partie sud du circuit, sauf la pluie qui n'est pas intense mais présente toute la journée. Je dois m’arrêter vers 14h30 pour la pause déjeuner et surtout car j’ai les pieds trempés, je vais donc essayer de sécher pendant 1 heure dans le seul refuge de la journée, pour finir les 11km qu’il me reste. Je passe donc à côté de la vallée des français, petit regret de ne pas avoir le temps d’y aller, mais de toute façon le temps ne m’aurait pas permis de voir grand chose. Après avoir liquidé ma lunch box et pris un chocolat chaud, je repars, objectif être dans 2 heures au camping!

Contrat rempli, je récupère mon sac au refuge du premier jour, après avoir accéléré le rythme pendant la dernière demi heure du parcours, très content d’avoir bouclé ce parcours, sans blessure. Je double d’ailleurs un joggeur de l’hôtel plus luxueux, voisin du camping, puis une petite photo souvenir sur un des derniers ponts du parcours.
En revanche, petite déception de ne pouvoir partager cette fin d’aventure avec d’autre. Je mange donc seul ma ration de pâte, en pensant à la suite du programme. Il me manque une vallée, depuis laquelle il est possible d’observer les 3 "tours" qui font le symbole de ce parc et qui lui donne son nom. Je décide donc de poursuivre le lendemain, n’ayant pas de douleur et du temps devant moi.

Samedi 09 : Camping Las Torres – Puerto Natales
C'est reparti pour une journée de grimpette, 700m de dénivelé pour atteindre la base des tours et le lac. Départ assez tardif car j’ai remarqué qu'en ce moment le temps se lève tardivement. Pas de course pour ce matin mais une marche rapide, et je retrouve à mi chemin, comme cela devait se produire à un moment ou l’autre, Mirja et Alena, les 2 amies allemandes du bateau Navimag, qui faisaient le petit tour mais dans l’autre sens. Je croiserai aussi toute la journée plusieurs groupes du bateau, assez amusant de se revoir plusieurs jours plus tard : "so, you made it? Crazy runner? How it was?’’


Je poursuis donc la montée et arrive au lac vers 13h, malheureusement et c'était prévisible, le temps est bouché, d’autres personnes arrivées avant disent que cela s’améliore de minutes en minutes. Mais il fait froid et même avec la cape de pluie et une veste chaude, je ne pense pas tenir plus d’une heure. Nous avons le droit à quelques trouées mais rien de plus, les campeurs voisins auront plus de chance vers 19h le soir! 


C'est la nature qui décide, on ne peut pas avoir de la chance tous les jours, j’estime que j'en ai déjà eu beaucoup depuis le début du séjour. La descente sera plus difficile, première partie très rapide (peu être trop), car je finis par sentir une douleur à la cheville, je ralentis donc sur la fin, le séjour n’est pas fini !
Les bus de retour vers puerto natales sont à 14h30 et 20h, je décide donc de rentrer le jour même dans la ville d’arrivée du bateau.
Sur le chemin du retour, en bus, nous avons la chance d’observer un puma, à quelques mètres, visiblement pas si peureux, comme nous le disaient tous les chiliens. Beaucoup de gardiens du parc n'ont pas eu la chance d'en voir. L'annonce de l’info a d'ailleurs déclenché un mouvement immédiat vers les fenêtres comme si il y avait un lion à observer. Un bel événement pour finir cette visite du parc!

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