vendredi 22 mars 2013

Semaine 1 : Puerto Montt – Puerto Montt (8jours)



Jeudi 21 février : Puerto Montt
Avec pour seule réservation, le billet d’avion, me voici arrivé à PM, il me reste donc à trouver un lieu où dormir. Mon premier contact sera une adresse du routard mais celle ci étant complète, le jeune homme me dirige gentiment vers une maison voisine, encore moins chère. Je le serai que plus tard, mais je suis en fait dans un quartier un peu chaud de la ville ! Mais la maison est très correcte pour le prix 7000 pesos (1euro représente environ 650 pesos en). Bagages posés, je peux enfin commencer à penser à la planification de ce mois de vacances, dont les contours avaient quand même été ébauchés auparavant par la traditionnelle lecture du guide du routard, étude suivant ou
précédent l'achat du billet d'avion. Premier réflexe, direction l'office du tourisme (météo locale,
conseil de visite locale, mais finalement peu d'activités à PM, par contre sur l'ile de Chiloé, faisant partie des destinations en vue, à lieu la fiesta de la luna, grand rassemblement des jeunes chiliens, cela sera donc ma première destination, facile !



Vendredi 22 : PM – Cucao
Départ donc en bus pour Chiloé vendredi matin.
Passage dans les villes les plus importants de l’île pour voir notamment les églises en bois peint, par lesquelles elle connue, en plus de ses maisons de pêcheurs sur pilotis et sa forte pluviométrie !





Le trajet en bus de 3h est évidemment le moment pour parler avec son voisin ou plutôt sa voisine et ses amies, et suivre leur conseil de camping, moi qui pensait aller camper tranquille dans un parc national, loupé ! Occasion pour échanger sur la vie au Chili. Par exemple, une des choses étonnantes, parmi les 5 jeunes avec qui je campe, étudiants ou travailleurs, aucuns d’entre eux ne pratique d’activités extra pro ou extra scolaire (ni musique, ni sport…), peut-être là une exception! Première soirée vendredi, avec déjà beaucoup de monde dans le camping voisin, discussion au bord du lac au clair de lune et un ciel d'une belle clarté.


Samedi 23 : Cucao – refuge Cole cole - Cucao
Je décide de faire faux bon à mes ami(e)s chiliens vers midi pour aller visiter le parc national de l’ile de Chiloé. L'objectif sera un refuge situé à environ 20km, "cole cole", ne connaissant pas le terrain, je verrai si j’ai le temps d’aller jusqu'au refuge. Toute la première partie, 10km, est assez difficile car sur une plage mais avec le vent dans le dos.



Puis la suite beaucoup plus intéressante car la côte devient rocheuse, occasion pour prendre de premières belles photos et ne voyant pas le temps passé, j'arrive finalement au refuge attendu dans une belle petite crique.


Objectif atteint, sans trop de mal, une bonne pause photo et casse croûte, puis il faut repartir dans l'autre sens. Final difficile car vent de face sur la plage de 10km! Arrivé vers 18h, mes amis chiliens ne me croyant pas, je suis obligé de sortir les photos du panneau du refuge! 



Je viens donc de tester un mode de découverte qui me plait bien, le trail avec un sac léger permet de faire en une journée ce qu'aurait demandé 2 jours de marche. Tout en prenant comme même le temps de faire des photos, profiter du calme. Je finirai la journée par un petit bain dans le lac à côté du camping dans l’eau est vraiment bonne, je m’attendais à plus froid.


S'en suit un bon repas cuisiné par mes amis chiliens, puis une petite fête autour d'un feu, la spécialité locale, jusqu’à 1h. Dernière soirée en cette bonne compagnie, puisque le lendemain je poursuis ma route vers le Nord, avec regret. Je manque donc la fiesta de la luna!



Dimanche 24 : Cucao – entre lagos:
Cette journée commence par mes au revoir à Cynthia (*2!), Felipe, Natalia, Pauli, première belle rencontre fruit du hasard.
Une journée de transit puisque je prendrai successivement 4 bus, et encore, je manque le dernier en fin de journée, ce qui me fait faire un stop à Entre Lagos, dans un petit camping en bord de lac. Me voyant seul, le gérant du camping m'invite pour le traditionnel thé ou maté time, dont je n'ai pas encore compris l'heure exacte, il est en effet 20h! Nouveau moment d'échange, nouvelle occasion pour voir que les chiliens en connaissent "beaucoup" sur la France, en tout cas plus que nous sur le Chili, cela me rappelle la Finlande.


Lundi 25 : Entre lagos – Agua caliente
Début de journée par la petite portion de bus qu'il me manquait pour atteindre Agua Calientes.
Première prise de renseignements auprès de la Conaf (organisme gérant tous les parcs nationaux) pour connaitre les chemins, car je ne l'ai pas précisé mais les chiliens ne sont pas fans des cartes de randonnée, la transmission des informations est principalement orale, ce qui n'était pas pour me rassurer sur mes trajets car en cas de perte de chemin, les possibilités de retrouver sa route sont réduites. Infos recueillies, camping trouvé après négociation sur le tarif (1500 pesos/pers à Cucao, on passe à 12000 ici, puis après nego, 6000!, va comprendre...), je peux reprendre ma programmation pour le reste de la journée et le lendemain. Mon choix se tourne donc vers le volcan Casablanca à 20k toujours. Départ à 14h, par une route en remblai concassé de 18km.



Arrivée au pied du volcan environ 2 heures plus tard, l'heure de faire un choix: poursuivre vers le sommet ou faire demi tour. Prise de renseignement auprès du restaurant du site: 2h de marche possible, ou couper à travers la pente, l'option 2 me plait mieux, je fais donc mon chemin vers un point que je pense être le sommet, qui ne l'ai pas exactement mais ca sera déjà bien. Une heure plus tard, l'effort en valait la peine, première ascension au Chili, le petit sommet autour de 2000 mètres domine le cratère situé en contre bas, la vue est également superbe sur les sommets plus lointains de la cordillère des Andes.


Le dilemme suivant, poursuivre par le sommet voisin pour y voir le couché du soleil, mais le problème est qu'il reste derrière 2h minimum et donc de nuit, pour rentrer au camping, je suis donc prudent, je redescends. Et comment! Je mets mes jambières de vélo à l'envers (que j’avais acheté juste avant de partir pour le froid) pour fermer le coup de pied et empêcher que des petites pierres rentrent dans les chaussures (c'est le problème des chaussures de trail, que j'ai préféré aux grosses chaussures de rando, en plus de ne pas avoir la cheville maintenue).


Je prends un très très grand pied à descendre le flanc du volcan en glissant sur la pouzzolane. D'ailleurs, les oreilles n'ont pas suivies, petit problème de d'équilibre au niveau des tympans. Il reste maintenant les 18km de chemin : j'arrive donc à 20h30 juste à la tombée de la nuit, après une 2ème très belle journée de trail, les pâtes sont alors les meilleurs du monde, et la nuit sera par contre très fraiche et humide! Repos bien mérité !



Mardi 26 : Agua Calientes – Volcan Puyehue - Agua Calientes
Le début de journée est consacré à un peu de farniente dans les « termes » d’Agua Calientes (ou plutôt un bassin d’eau chaude), le site est connu pour les résurgences d'eau chaude, sortant du sol à 70 degrés et donc refroidie pour pouvoir l'exploiter dans les différentes piscines des thermes. J'y suis donc dès l'ouverture (sous la tente on suit le soleil et pas la montre, nous sommes 5 dans le bassin! Vapeur s'échappant du bassin, la rivière passant juste derrière... 30min pas plus, pas trop bon d'y rester longtemps.


Objectif du jour, un deuxième volcan : Puyehue, celui-là à 30km du camping, un peu long pour un aller retour, je choisi donc l'option aller en bus et retour en courant.
Préparation du matériel : pique nique pour 14h avant de commencer le trail, bâton télescopique, nécessaire de pluie et froid en cas de changement de temps, rechange de t-shirt et chaussette, et du bon chocolat, on oublie les power bar à 3 euros l'unité et en route. Je commence par louper le bus, 1h d'attente, je les mets à profit pour le checking mail car les thermes voisins ont le wifi. Bus pris, il reste un tronçon à faire en stop, pas évident, je suis en bout de "ligne" la frontière est à quelques kilomètres. Mais tout arrive, je monte à l'arrière d'un vieux pickup, en chemin, j'essaye de prendre des points de repère visuel car vue l'heure, le retour se fera de nuit, mai c'était prévu! J'arrive donc à un point d'information du parc visé, prise de renseignement: météo prévue, temps de parcours à pied, droit d'entrée...
Itinéraire du parcours : 2km de route, 8km d'ascension prévue en 3h de marche pour atteindre le refuge à mi pente du volcan, je compte 2h. Pour la suite cela dépendra de la forme et de la météo. Départ à 15h, objectif atteint comme prévu à 17h30, mais le chemin est vraiment très technique.

 l'objectif au loin


J'avais en tête de poursuivre l'ascension en fin d'après midi, mais la descente technique de nuit m'inquiète un peu, je me repose donc 45min, fait le plein d'eau dans un mini cratère dans lequel je n'ai pas trop confiance mais des tchèques présents depuis quelque jours me confirment qu'ils l'ont bu sans problème avec un traitement qui va vient. Il doit être autour de 18h30, des nuages arrivent pas de regret donc, j'attaque la descente. Une petite heure, pas de coucher du soleil en altitude pour aujourd'hui non plus, reste à faire les 20km de route qui me séparent du camping, je garde la solution du stop en cas de pépin physique. Sans doute un peu plus de 2h de course et de marche, à la frontale pour la dernière heure. Les derniers kilomètres ont paru vraiment très longs, surtout que je ne vois pas arriver le carrefour qui m'indique qu'il me restera 4km de montée pour rallier le village. J'avais heureusement prévu un bon stock de nourriture, pour tenir tard dans la soirée... mais tout arrive comme précédemment, pas mécontent. Évidement, plus d'eau chaude aux douches du camping (vous allez me dire il reste l’eau chaude naturelle)!!!. Une nouvelle "plâtrée" de pâtes et au lit , ou plutôt au sac!

Mercredi 27 : Agua Calientes - Ensenada
Cette journée sera une nouvelle journée de repos et transition entre Agua calientes et Ensenada (environ, le lieu n'est pas encore définit). On n'oublie pas le détour au supermarché pour le plein de vivre pour les 2 jours à venir, lecture des cartes et du routard dans le bus pour choisir le prochain point de chute. Passage par Puerto Varas, station balnéaire du coin, on se croirait sur les bords du lac Léman, surtout avec toujours ce soleil radieux. Je décide donc de descendre à Ensenada, où je pense trouver un bureau des guides de la Conaf, mais erreur, décidément j'ai bien du mal à les trouver ces bureaux... Le site n'est pas idéal, j’hésite à poursuivre plus, le stop ne fonctionnant pas, je reste. Choix du camping, 1ère proposition 12 000pesos, un autre plus loin certes moins bien équipé mais à 3000pesos. En bord de lac avec plage, donc je valide.
Ouf, c'est aussi fatiguant que de courir les transits. Tente plantée, je vais tester l'eau, toujours aussi bonne, petite longueur au pied du volcan Osorno, au coucher du soleil.





Que faire demain? Cela trotte déjà dans ma tête depuis le début d’après midi, j'irai bien voir le lever du soleil depuis le volcan Osorno (enfin, à mi chemin)! 15km d'ascension par une route permettent d’atteindre le pied de la station de ski du volcan. Pour varier les plaisir, je me mets en quête d'une location de vtt  pour le lendemain, le 2eme essai sera le bon, 21h30, je signe le "contrat" pour la location et récupère le vélo!

Jeudi 28: Ensenada – Osorno – Lac Todo los santos - Ensenada
Levé 5h30, d'après mes calculs, il me faudra 2h pour faire les 15km de nuit avec un pourcentage important. La sensation de faire du vélo au clair de lune à cette heure est assez particulière, pas très rassurante j'avoue. Je crois que je ne suis pas vraiment bien dans ma tête pour faire des trucs pareils! Mais la récompense est toujours à la hauteur, bien que le côté par lequel la route monte n'est pas le meilleur, le spectacle est quand même au rendez vous : sur le lac de Puyehue, sur le sommet du volcan enneigé, sur la vallée par laquelle je passerai ensuite, sur le sol noir et la végétation rase des pentes du volcan. 




Le plus "dure" s'est aussi la gestion des couches de vêtements pour qu'il en reste suffisamment à l'arrivée pour me réchauffer, car rien n'est ouvert à 8h, à 1500m d'altitude. Je trouve quand même un bûcher un peu plus "chaud" et à l’abri du vent. C'est l'heure du petit déj, en attendant l'ouverture du resto pour une boisson chaude. Vers 9h, je toque à la porte du bureau de la Conaf pour les informations sur la suite possible ou non de l'ascension, réponse d’Ivan: accès fermé pour cause de glaces instables, seule une montée de 1h est possible, cela me plait moyen!
D'autre part, Ivan me conseille donc d'aller voir "el nidor

Je me présente donc de la part d Ivan et demande Victor, le chef cuisto du resto, mais il dort ! On me fait gentiment un bon chocolat chaud après avoir expliqué mon ascension matinale. Je resterai en fait 1h pour discuter surtout avec un ami de passage, professeur d'histoire, un peu philosophe. Il m'explique l'origine du nom de toutes les tables du restaurant, qui possède chacune une sculpture. Le nom de la première venue était justement la plus proche du sens de notre discussion : sur les voyages, le détachement de la vie matérielle lors des marches. La table s'appelle donc « el pensador », personnage dépourvu de trippes, symbolisant sa focalisation sur ces pensées.



Je descends ensuite en cuisine, Victor entre temps s'est levé et a commencé la préparation du repas du midi et de quelques encas pour son équipe en cuisine. Il tient à me faire goûter ses préparations en cours, encore un petit cadeau que j'apprécie et qui me sera bien utile pour la suite de la journée, il n'est que 10h30 finalement. Après échange de contact, je reprends ma route pour 2 autres sites mentionnés au routard. 
1h de vtt pour atteindre le premier, par un chemin plutôt technique, "el pioniero", cela change de la route du matin. Direction donc el salto de Petrohue. Oui c'est impressionnant mais trop touristique à mon goût et qui plus est, à 12h, très mal ensoleillé.


Courte étape et direction le lieu du pique nique, le lac todos de los santos, pour le coup, lui effectivement d'une couleur magnifique, avec un village assez sympa , même si on ressent quand même fortement l'empreinte du tourisme. Une croisière sur ce lac était possible mais malheureusement pas le temps, il faut faire des choix.

Juste une idée des couloirs de boue qui doivent dévaler les pentes du volcan en cas de forte pluie, vraiment impressionnant là pour le coup, même si sans repère visuelle de taille, difficile à comprendre.


Après le pique nique, toujours bien venu, il reste 12km de descente vers le camping, et s'en sera fini de la semaine sportive autour de PM. 

Je replis donc la tente et me fait ma petite lessive rapido (et oui, c'est simple en fait la vie, on a juste besoin de manger, de dormir, de se laver, de se chauffer et d'apprendre des choses pour nourrir notre petite cervelle), rien de plus.
Mes voisins de camping (un couple alemano-philipin avec un bébé de 6 mois) me propose de me déposer à PM, étonnant c'est justement là que je vais. Le jeune homme est donc sur une base de recherche à Hornopiren : recherche biologique pour son cas, sur les conséquences des développements très rapide des fermes aquacoles,  et de l'utilisation de tous les produits qui y sont employés, nourriture, médicaments car les poissons ne sont pas résistants naturellement... bref, ce n'est pas aussi beaux et propres qu'on pourrait le penser. Je fais quelques courses avec eux, puis il me lâche à PM comme prévu.
Je retrouve la famille qui m'avait hébergée la première nuit ! Et retour aussi au bar voisin pour le dîner  Je n'ai toujours pas goûté à la bonne viande chilienne, je répare donc cette erreur, et s'était effectivement de la très bonne viande.
Lors du repas, je remarque un drapeau breton au dessus du comptoir, je demande donc au serveur pourquoi ce drapeau ici, il me répond, surement une équipe de football locale ! Je lui explique que sans doute que non, puisque c'est le drapeau de ma région d'origine. Smile évidemment! Il rectifie le tir et me donne donc la bonne version: la femme du gérant est bretonne (en réalité normande!). Le repas se finira donc au comptoir à déguster différents vins de production maison, le temps de comprendre qu'ils sont de retour au chili après avoir géré pendant 8 ans, la superette du centre-ville de Lanvaudan, à 15km d'où je suis né pour ceux qui ne connaissent pas ce haut lieu du tourisme breton (joke). Voilà de quoi finir de belles manières cette première semaine au Chili, en résumé assez sportive et riche en rencontre. Demain départ en bateau...

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